Campc : Le Sénat ivoirien analysé à l'aune de la diplomatie parlementaire africaine
Placée sous le haut patronage de la présidente du Sénat, Kandia Camara, marraine de la promotion, la rencontre avait pour thème : « Le rôle du Sénat dans l’affirmation de la diplomatie ivoirienne sur la scène internationale et la consolidation de la coopération africaine ». Pendant plus de trois heures, diplomates, universitaires, parlementaires et étudiants ont réfléchi sur les nouveaux leviers de rayonnement de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique.
Kandia Camara : « La diplomatie parlementaire, une diplomatie des peuples »
Dans son allocution, la présidente du Sénat a insisté sur la pertinence d’une diplomatie inclusive, portée non seulement par l’exécutif mais aussi par les parlements. « Le Sénat ivoirien, par la diplomatie parlementaire, porte une responsabilité majeure : faire entendre la voix de la Côte d’Ivoire dans les grands courants internationaux », a-t-elle affirmé, rappelant que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, le Parlement panafricain ou encore l’Union interparlementaire constituent des tribunes essentielles.
Pour Kandia Camara, la diplomatie parlementaire est une « diplomatie des peuples » fondée sur le dialogue, la coopération et la solidarité, capables de bâtir « une Afrique forte, unie et prospère ». Elle a d’ailleurs rappelé l’initiative ivoirienne d’octobre 2024 qui a conduit à la création de l’Association des Sénats d’Afrique, désormais basée à Yamoussoukro.
« Le Sénat pour approfondir la démocratie par le bicamérisme », selon Pr David Moussa Soro
Le conférencier principal, Pr David Moussa Soro, président de la Commission nationale du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Cn-Maep), a replacé le Sénat dans une perspective historique et contemporaine. « La diplomatie contemporaine ne relève plus exclusivement de l’exécutif. Les parlements, et particulièrement les chambres hautes, sont devenus des instruments de diplomatie douce », a-t-il expliqué.
Selon lui, le Sénat ivoirien, créé par la Constitution de 2016, remplit une double fonction : approfondir la démocratie par le bicamérisme et offrir au pays un levier d’influence internationale. « Par ses missions de contrôle, de représentation et de législation, il contribue à défendre les intérêts stratégiques de la Côte d’Ivoire et à renforcer la coopération africaine », a-t-il insisté.
Pr Joseph Kaudjhis : « Le Campc, incubateur de diplomates »
Pour le Pr Joseph Kaudjhis, directeur général du Campc, la tenue d’une telle conférence illustre l’importance de la formation d’experts capables de comprendre et d’anticiper les mutations géopolitiques mondiales. « La diplomatie parlementaire est un champ souvent méconnu mais essentiel. Elle offre des outils de dialogue et d’influence pour le développement et la paix », a-t-il rappelé, félicitant la promotion Dpri 6 pour son engagement.
Un symbole pour la jeunesse africaine
Au-delà des réflexions théoriques, la conférence a également servi de cadre d’inspiration pour les auditeurs de la filière Diplomatie, Protocole et Relations internationales. En recevant le baptême académique de leur marraine, Kandia Camara, les diplômés ont vu en elle un modèle de leadership et d’excellence.
Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, climatiques et démocratiques, le message est clair : le Sénat ivoirien, par son ouverture diplomatique et ses alliances interparlementaires, entend jouer un rôle décisif dans la construction d’une Afrique solidaire et influente sur l’échiquier mondial.
Jaurès DROHGBA (Stagiaire)