7è art:"Une si longue lettre" de Mariama Ba porté sur le grand écran

La grande première du film
La grande première du film "Une si longue lettre" inspiré d'un roman de Mariama Ba a mobilisé un beau public. (Photo Dr)
La grande première du film "Une si longue lettre" inspiré d'un roman de Mariama Ba a mobilisé un beau public. (Photo Dr)

7è art:"Une si longue lettre" de Mariama Ba porté sur le grand écran

Le 19/08/25 à 16:11
modifié 19/08/25 à 17:02
Dans la soirée du 15 août, le cinéma Majestic de la commune de Cocody a accueilli l'avant -première de l'adaptation cinématographique du roman culte de Mariama Bâ, "Une si longue lettre". Ce projet qui a récemment vu le jour sous la direction de la réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang a mobilisé de nombreux cinéphiles ainsi que des acteurs du secteur du cinéma ivoirien. Dans ce film de 104 minutes, Angèle Diabang qui a travaillé pendant plus de dix ans pour porter ce projet à l'écran. Elle n'a pas fait que l'adapter , elle y a apporté sa touche et sa sensibilité. Dès les premières minutes du film, le public a compris qu'il n'est pas face à une œuvre simplement “importante”, mais face à un moment de bascule dans le langage même du cinéma. Angèle Diabang, fidèle à sa sensibilité minimaliste et à son goût pour la fragmentation narrative, signe ici son opus le plus personnel et le plus ambitieux à ce jour. Elle filme les regards comme d’autres filment les batailles : avec urgence et noblesse.

Chaque plan est une respiration contenue. La caméra, fluide mais pudique, refuse l’esbroufe. Elle effleure plus qu’elle ne capte. Ce qui donne au film sa force : la suggestion, l’épure, le presque rien qui finit par faire tout. Si la plupart des critiques ont salué son film, c'est parce que Angèle Diabang, connue pour ses documentaires puissants, a franchi un cap avec ce premier long-métrage de fiction. Loin des clichés, elle a su capturer l'essence de l'héritage, de la résilience et du deuil avec une force narrative qui frappe le spectateur en plein cœur.

À la fin de la projection, le public, debout, a longuement applaudi le courage et le talent d'une artiste qui n'a pas peur de sonder les profondeurs de l'âme humaine.

Dans une allocution sobre et poignante, la réalisatrice a exprimé sa gratitude envers son équipe et son public. Elle a souligné l'importance de ce film qui n'est pas seulement une histoire, mais un vibrant témoignage des liens familiaux et de la nécessité de se reconstruire.

Faut-il le rappeler, le roman de Mariama Bâ "Une si longue lettre" publié en 1979 est un roman épistolaire où Ramatoulaye, une femme sénégalaise, confie à son amie Aïssatou ses épreuves et ses réflexions sur la polygamie, la tradition et l'émancipation féminine. La cinéaste a su traduire cette introspection profonde à l'écran, en transformant les lettres en dialogues ou en monologues intérieurs, sans en dénaturer l'essence.
Avant Abidjan, le film fiancé en partie par des financements ivoiriens à travers le clap Ci-Fonsi a été présenté lors d'événements majeurs, comme le Festival panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (Fespaco) 2025 et l'African Film Festival de New York. Ces sélections témoignent de la portée du film au-delà des frontières sénégalaises, le consacrant comme un événement culturel majeur pour le continent africain.


Le 19/08/25 à 16:11
modifié 19/08/25 à 17:02