Hépatites B et C : Le Réseau ivoirien en ordre de bataille face aux cancers du foie

Les participants à la journée scientifique. (DR)
Les participants à la journée scientifique. (DR)
Les participants à la journée scientifique. (DR)

Hépatites B et C : Le Réseau ivoirien en ordre de bataille face aux cancers du foie

Le 30/07/25 à 11:54
modifié 31/07/25 à 18:51
Le Professeur Yao Bathaix M. Fulgence sonne la mobilisation nationale lors de la 18ᵉ Journée scientifique du Rilhvi.
C’est dans une atmosphère studieuse et engagée que s’est tenue le 29 juillet 2025, la 18ᵉ Journée scientifique du Réseau ivoirien de lutte contre les hépatites virales (Rilhvi). Une rencontre d'envergure qui a rassemblé 151 participants dont 93 médecins, à Abidjan. L'événement a été marqué par huit conférences de haut niveau avec un focus sur les complications sévères des hépatites virales, notamment la cirrhose et le cancer du foie.

En ouverture, le Professeur Yao Bathaix M. Fulgence, Professeur de Médecine à l’Université Félix Houphouët-Boigny et président du Rilhvi, a délivré un discours fort, à la fois analytique et mobilisateur. Il a rappelé les enjeux cruciaux liés à cette pathologie silencieuse mais redoutablement meurtrière. « Les hépatites virales sont responsables de plus de 50 % des décès par complications de la cirrhose et du cancer du foie. En Côte d’Ivoire, l’hépatite B est la première cause de cancer hépatique, qui touche des adultes jeunes, avec une moyenne d’âge de 42 ans », a-t-il déclaré.

Le Professeur a dénoncé la méconnaissance des modes de transmission qui continue de freiner les efforts de sensibilisation. Il a mis en lumière les comportements à risque tels que le partage d’objets coupants non désinfectés (tondeuses, outils de manucure/pédicure), les rapports sexuels non protégés, ainsi que la transmission mère-enfant.

Une mobilisation multisectorielle pour un défi collectif

La journée scientifique ne s’est pas contentée de diagnostics. Elle a aussi été un espace de réflexion sur les stratégies de prévention, de dépistage, de traitement, de vaccination et sur la mobilisation des ressources financières nécessaires. Le Professeur Yao a salué la collaboration des partenaires institutionnels et privés, notamment la Fondation Eranove via la Cie, la Fondation Lonaci, le Guichet unique du commerce extérieur, ainsi que plusieurs laboratoires et firmes pharmaceutiques comme Scilife, Amanys, Genix, Longchamp et Cirba. « Ensemble, menons cette lutte contre les hépatites virales pour être au rendez-vous de 2030, avec moins de 90 % de nouvelles infections et moins de 65 % de décès liés à ces virus », a-t-il exhorté.

Une vision claire à l’horizon 2030

Dans une perspective alignée avec les recommandations de l’Oms, le Rilhvi compte renforcer ses actions de terrain pour inverser la courbe des infections. Les résolutions issues de cette journée orienteront désormais la stratégie nationale. Le message du Professeur Yao est clair : seule une approche concertée, scientifique et proactive permettra d’atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030.



Le 30/07/25 à 11:54
modifié 31/07/25 à 18:51