Dialogue public-privé: Le diagnostic dans les pôles économiques de Bouaké, Korhogo et San Pedro présenté aux partenaires
« Les principales problématiques du secteur privé sont liées aux charges fiscales (40 % des acteurs), à l’accès au financement et à l’accompagnement des entreprises (80 % à San Pedro, 16 % à Bouaké, etc.). Concernant la connaissance des réformes visant à dynamiser le secteur privé, 75 % des acteurs à San Pedro, 64 % à Bouaké et 50 % à Korhogo en connaissent au moins une », a indiqué M. Bamba, représentant le Cabinet Bamba and Co.
Il a également fait savoir qu’en termes de perception de l’animation du Dialogue public-privé local (Dppl), 81 % des acteurs à San Pedro sont satisfaits de son fonctionnement ; 37,5 % à Bouaké le jugent moyen et 63 % à Korhogo reconnaissent la disponibilité et la volonté des acteurs impliqués.
L’étude a aussi relevé certaines faiblesses dans le dialogue local, notamment l’absence d’acteurs tels que les Centres de gestion agréés (Cga), la société civile, les institutions bancaires, ainsi que l'absence d’un mécanisme de suivi-évaluation du dialogue public-privé.
L'étude recommande une structuration et une animation renforcées du dialogue public-privé local autour des priorités stratégiques de développement, la consolidation des comités locaux comme outils au service des objectifs stratégiques du gouvernement et des institutions, la pérennisation des journées économiques, ainsi que l’intégration de la société civile et des banques dans les comités locaux.
Satisfécit partagé des acteurs
Mariam Fadiga Fofana, Secrétaire exécutive du Ccesp, a remercié les préfets de région, les secrétaires généraux de préfecture, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, les directeurs régionaux pour leur contribution à la collecte des données et le Pacaci pour son appui financier à la réalisation de cette étude.
« Grâce aux Comités locaux de concertation État–secteur privé (Clcesp), notre dispositif de dialogue public-privé s’est considérablement étoffé et renforcé, faisant du modèle ivoirien l’un des plus élaborés de notre espace communautaire. Il inspire aujourd’hui de nombreux pays de l’Uemoa et même de la Cemac, qui souhaitent le reproduire et l’adapter », a-t-elle déclaré, soulignant l’intérêt particulier de cette étude qui vient renforcer cette dynamique.
Et Mariam Fadiga Fofana d'ajouter que cette étude permet, d’une part, d’identifier les problématiques liées au climat des affaires et de dresser un état des lieux du chemin parcouru. D’autre part, avec le baromètre sur le climat des affaires actuellement en cours de réalisation, elle constitue un instrument de référence pour la mise en place du dispositif de suivi-évaluation en cours d’élaboration, visant ainsi à analyser les progrès annuels des plateformes locales du dialogue public-privé.
Pour sa part, Mougo Komenan, Coordonnateur du Pacaci, a exprimé ses félicitations au Secrétariat exécutif du Ccesp, aux préfets de région et aux autres acteurs du dialogue public-privé local. « En lisant ce rapport, on se rend compte que du travail a été accompli. Ce document doit servir de référence. La vision est partagée par l’ensemble des acteurs », a-t-il affirmé.
Il a donc salué l’initiative de restitution décentralisée du Ccesp et réaffirmé le soutien du programme aux efforts de développement des différentes régions du pays. « Cette étude doit permettre d’avoir une situation de référence dans ces pôles économiques et guider l’État dans ses prises de décisions en matière de dialogue État-Secteur privé », a-t-il indiqué.
Pour rappel, cette troisième session de restitution fait suite à celles des 23 avril et 14 mai 2025, destinées aux membres des Clesp des trois pôles économiques régionaux.
Il convient de noter que la plateforme de Korhogo a démarré ses travaux en avril 2024, tandis que celles de San Pedro et Bouaké ont été respectivement mises en place en 2019 et 2021. La réalisation de l’étude bénéficie du financement de la Bad à travers le Pacaci.