Affaissement de l'immeuble: Djelika Diabaté, l’une des victimes de la pharmacie engloutie à la Riviera rêvait d’être énarque
Un incident qui a occasionné l’engloutissement de la pharmacie « Notre Dame du Refuge » où la jeune femme travaillait comme caissière. Après avoir présenté ses civilités, l’homme qui est en réalité l’oncle de la défunte, nous conduit au domicile familial sis à Niangon-sud précisément au carrefour Obama.
Là, les parents (la grand-mère, la mère et des tantes) assis à la salle de séjour s’apprêtent pour aller à la morgue du Chu d’Angré où le patron de leur défunte fille les attendait.
Cependant, la famille accepte de nous recevoir. Mouchoirs en main pour certains et des morceaux de pagnes pour d’autres, ces membres de la famille au nombre de cinq essayaient de retenir leurs larmes. « Ce drame est une grande perte pour nous, parents », nous dit la grand-mère de Djélika Diabaté, Mme Sow Djénéba.
« Issue d’une fratrie de deux filles, Bijou ''ma star'' qui est l’aînée rêvait d’entrée à l’Ena pour occuper à l’avenir de hautes fonctions. Son rêve ne se réalisera plus... Le destin en a décidé autrement. Hélas, la faucheuse l'a emportée », a-t-elle laissé entendre.
À l’en croire, Djélika Diabaté était détentrice d’un baccalauréat série A2. Hélas, son rêve ne s’accomplira jamais, car la mort a eu raison d’elle dans la fleur de l’âge. À la suivre, la trentenaire n’est pas ce genre de fille à croiser les bras sans rien faire. C’était une personne très courageuse depuis toujours. Elle en veut pour preuve, l’autonomie de cette dernière.
« Cela fait 6 ans qu’elle a pris sa maison et se prend en charge. C’est donc à la recherche d’un mieux-être qu’elle exerce le métier de caissière depuis 3 ans. Elle s’est même inscrite pour une formation de délégué médical, mais son ambition était d’entrer à l’Ena », insiste-t-elle.
Livrant d’autres détails sur la défunte, Sow Djénéba révèle qu’elle a élevé Bijou depuis l’âge de 4 ans. Originaire de Man et de Séguéla, « ma petite fille se disait star depuis l’enfance. Elle aimait chanter et danser. Elle m’a fait savoir qu’elle voulait chanter et être une grande star, mais je l’ai défendue parce que dans notre coutume, les peuls ne chantent pas. Mais, elle aimait le faire pour m'égailler », a-t-elle relaté avec un bref sourire. Et de terminer qu’elle aurait bien voulu avoir des enfants de sa petite fille malheureusement celle-ci n’était pas mariée et n’avait pas d’enfant.
Rencontrée également au domicile, Salimata S., la sœur cadette de la défunte, s’est plutôt interrogée sur le départ brusque de sa complice. « Nous avons échangé à 10h sur WhatsApp. À 11h, elle ne répondait plus. Je me suis dit qu’elle se reposait ou était occupée avec les clients. Malheureusement, nous avons reçu un coup de fil aux environs de 13 heures qui a assombri notre ciel. Ma sœur est joviale, aimante et respectueuse... Il faut que les responsabilités soient situées pour ce tort causé à ma complice », a-t-elle plaidé.
Puis d’ajouter que sa sœur vivait à Yopougon Académie. Elle parcourait environ 30 Km pour rejoindre son lieu de travail. À l’en croire, Bijou a exprimé son désir de quitter cet emploi pour un autre à cause de la distance et d’autres réalités.