D’énormes potentialités toujours en attente d’exploitation

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D’énormes potentialités toujours en attente d’exploitation

Le 05/08/23 à 22:04
modifié 05/08/23 à 23:13
Avec une population estimée à quelque 700 000 habitants, la région du Bélier, incluant le district autonome de Yamoussoukro, les départements de Toumodi, Tiébissou, Didiévi et Djékanou, est riche et propice à la culture du riz, du maïs, du manioc, des maraîchers, à la pisciculture et à l’élevage. Ces spéculations, en plus du transport, du commerce et de l’artisanat constituent l’épine dorsale de l’économie de la région. Tandis que l’industrie reste le maillon faible de la chaîne. Ces cultures au coeur de la politique de pôle agro industriel dans cette région, font l’objet de mesures incitatives qui pourraient, si les opérateurs privés saisissent l’opportunité unique qui leur est donnée à travers ce projet, transformer la région en un énorme grenier à ciel ouvert.

A Raviart, dans le département de Didiévi, le barrage annoncé depuis des décennies est aujourd’hui une réalité. D’un coût global de 1 847 327 000 de F CFA, cet ouvrage de 151 370 m3, assorti de l’aménagement d’un périmètre rizicole de 125 ha, permet d’irriguer au total 300 ha de terres destinées à la riziculture, pour une production d’environ 3000 tonnes de paddy chaque année. Avec une capacité de retenue estimée à 8 millions de m3, l’ouvrage permet d’accroitre efficacement non seulement la production agricole mais également la production pastorale et halieutique dans cette région.

Pour ce faire, 542 km de pistes rurales ont été reprofilés et quinze dalots pour l’évacuation des produits agricoles construits. Dans cette dynamique, 1117 ha de périmètres irrigués et 105 ha de périmètres pour les cultures maraîchères ont été aménagés et mis en exploitation. 92 étangs piscicoles sont également construits à Koubi et concédés à un opérateur privé pour l’exploitation et pour la formation des agri-preneurs. Par ailleurs, six boucheries et quatre marchés à bétail sont construits ; huit abattoirs et aires d’abattage sont réhabilités dans les départements de Toumodi, Tiébissou, Yamoussoukro et Djékanou. Le projet a également pris en compte les centres de formation pour l’incubation des jeunes afin de faciliter leur insertion dans les filières agricoles. Mais pas que. Quatre centres de formation ont été construits ou réhabilités. Les villages et hameaux les plus reculés ont bénéficié de divers forages équipés de pompes à motricité humaine dans une cinquantaine de localités. Sans oublier la réhabilitation et la construction de vingt-trois châteaux d’eau d’une capacité variant entre 20m3 et 100m3. « Toutes ces d’infrastructures sont réalisées au niveau des grands bassins de production de la région et desservent plus de 180 villages », précise Valérie Aka, la coordonnatrice du projet.

De l’accompagnement des producteurs

Afin de permettre une meilleure évacuation des produits agricoles de la région, l’Etat ivoirien a mis les moyens pour désenclaver les zones de production. Pour ce faire, des pistes rurales de 542 km sont ouvertes ou reprofilées. Aussi, des magasins de stockage sont construits afin de faciliter le groupement des produits. Dix magasins de stockage déjà opérationnels sont à noter. Des centres de groupage qui sont aussi des points s’approvisionnement sont également implantés à Toumodi, Yamoussoukro, Didiévi et Tiébissou. Tout cela a permis dénombrer à ce jour cent-vingt Pme installées dans la région. Pour 19 000 emplois permanents à terme.

L’électricité encore insuffisante

Quelques défis sont encore à relever pour atteindre le plein fonctionnement de la zone. En effet, la capacité électrique installée ne permet pas à ce jour de couvrir les besoin en électricité des entreprises – moyennes ou petites – qui sont déjà installées, à plus forte raison celles à venir. Les sept entreprises déjà installées sur l’espace dédié, situé à quelques encablures de Zambakro, sur l’axe Yamoussoukro-Sinfra, peinent à fonctionner à plein régime à cause de la fourniture insuffisante du courant électrique.
Firmin NDri Bonfils
Encadré

Bien comprendre le projet d’agropole


Pour le citoyen lambda, le projet d’agropole devait consister à dégager un espace sur lequel on allait créer un certain nombre d’activités et qui allaient être considérés comme l’agropole. « Ce n’est pas cela le projet d’agropole », rectifie Valérie Acka, la coordonnatrice du projet pilote de la région du Bélier. « L’agropole est un projet qui consiste à créer une zone économique au sein d’une aire géographique bien définie, pour en faire une zone de relance ou de redynamisation du potentiel agricole. Pour nous, c’est une région définie, c’est-à-dire plusieurs départements au sein desquels on développe le potentiel cultural, en appuyant les producteurs de la région. Pour ce faire, nous faisons des aménagements de sorte à ce que les producteurs aient les outils pour améliorer leurs productions. A côté de cela, on développe des infrastructures de logistique de sorte à faciliter la commercialisation et l’approvisionnement des industriels, et la transformation des cultures de la zone ». Voilà qui est clair.

F.N. Bonfils

Le 05/08/23 à 22:04
modifié 05/08/23 à 23:13