Thomas Camara, député-maire de Katiola: "Les populations avaient besoin de dire merci au Président Ouattara"

Thomas Camara, député-maire de Katiola. (Ph: Poro Dagnogo)
Thomas Camara, député-maire de Katiola. (Ph: Poro Dagnogo)
Thomas Camara, député-maire de Katiola. (Ph: Poro Dagnogo)

Thomas Camara, député-maire de Katiola: "Les populations avaient besoin de dire merci au Président Ouattara"

Le député-maire de Katiola revient sur la visite de travail du vice-Président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, dans la région du Hambol, du 26 au 28 janvier 2023. En tant que président du comité d’organisation à l’échelle départementale, il explique les enjeux pour le chef-lieu de région et parle du bond qualitatif de sa commune.
Que peut-on retenir de la visite de travail du vice-Président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, dans la région du Hambol, du 26 au 28 janvier 2023 ?

Effectivement, le vice-Président de la République nous a fait l’honneur de nous rendre une visite de trois jours. Il a procédé à des lancements de bitumage dans la région du Hambol et il a inauguré la grande mosquée de Katiola. La visite s’est achevée par un giga meeting d’hommage au Président de la République, Sem Alassane Ouattara, en reconnaissance à toutes les actions de développement dont nous avons bénéficié dans le Hambol en général et, à Katiola, en particulier. Il s’est agi aussi pour nous, de dire merci au Chef de l’État pour la nomination d’un fils de la région en qualité de vice-Président de la République. Les populations ont souhaité communier avec le vice-Président et dire merci au Président de la République. Et comme le disait un écrivain américain : « la reconnaissance est la plus belle fleur qui jaillit de l’âme ». Les populations avaient aussi besoin de dire merci au Président Ouattara parce que, comme on le voit dans tout le pays, le développement est arrivé chez nous aussi. A preuve, la voie internationale qui traverse Katiola a été réhabilitée et renforcée au point qu’elle donne fière allure à la ville comme le témoignent tous ceux qui l’empruntent. C’est un acquis de la visite d’État du Président de la République en novembre 2019.

Et en dehors de la voirie...

Un autre acquis, la construction en cours, à Katiola du Centre hospitalier rural (Chr). Depuis que Katiola existe, nos grands malades sont évacués à Bouaké. Cela crée un stress énorme pour les parents du malade qui se retrouvent confrontés à de nombreux problèmes logistiques (déplacement à Bouaké, recherche de tuteur, etc.). Aujourd’hui, grâce au Chr en construction, nous pouvons dire aisément que les soucis et les complications d’évacuation sur Bouaké vont prendre fin. C’est un soulagement incroyable pour lequel nous avons dit merci au Président de la République.

En tant que PCO dans le chef-lieu de région et ville d’accueil du meeting, comment avez-vous réussi la mobilisation ?

Pour tenir le pari de cette mobilisation, il nous a fallu mener une large campagne d’information et de sensibilisation. Nous avons donc effectué des tournées dans les villages et quartiers pour porter la nouvelle aux habitants. Les jeunes ont été mis à contribution avec des caravanes sonorisées dans la ville. Les femmes réunies au sein de la Fédération des associations des femmes de Katiola (Fafka) ont aussi été associées pour donner ce résultat que vous avez vu. Et le meeting était comme une fête de laquelle les participants sont sortis tous heureux.

En tant que maire du chef-lieu de région, Thomas Camara a accueilli la vice-Président, Koné Tiémoko Meyliet, à Katiola. (Ph: Poro Dagnogo)
En tant que maire du chef-lieu de région, Thomas Camara a accueilli la vice-Président, Koné Tiémoko Meyliet, à Katiola. (Ph: Poro Dagnogo)



La voie internationale qui traverse Katiola est réhabilitée, les rues sont bitumées, un Chr est en construction... Pouvons-nous dire que Katiola a tout gagné ?

Oui, Katiola a tout gagné effectivement ! Mais le développement ne s’arrête pas. Cela veut dire qu’il y a encore des attentes que nous n’avons pas voulu exposer au meeting. Car pendant que vous dites merci à quelqu’un pour un service rendu, c’est indécent, sur le champ, de lui faire part de vos autres besoins. Maintenant que nous avons fini de remercier le Président de la République pour ce que nous avons eu, si l’occasion se présente, nous pourrons partager avec lui nos besoins.

Quels sont ces autres besoins ?

Lorsque le Président de la République a effectué la visite d’État en novembre 2019 dans le Hambol, il a promis 13 kilomètres de bitume à la ville de Katiola dont une petite partie a été réalisée avant son arrivée pour la visite d’État. Ces 13 km de bitume sont toujours attendus par les populations. De plus, lors de la réhabilitation de la voie internationale, les villes traversées devaient bénéficier d’un certain nombre de kilomètres de bitume. La ville de Katiola devait avoir 5 km de bitume dans ce cadre, parce que le budget prévu a servi aux travaux pour boucher les nids de poule de la voie principale qui était fortement dégradée. Nous sommes donc toujours en attente de ces 5 km de bitume.

Qu’apporte la mairie dans le développement de Katiola ?

La mairie a énormément travaillé, depuis notre arrivée, en 2013, à la tête de la commune qui était une zone ex-Centre nord-ouest (Cno) où tout était à refaire pratiquement. Les banques étaient parties, les gros opérateurs économiques également. Nous n’avions qu’une seule station-service qui était approvisionnée le lundi et en rupture le mercredi. Les usagers étaient obligés de se ravitailler en carburant chez les revendeurs au bord de la route qui faisaient la spéculation en augmentant les prix. Dans un premier temps, il a fallu faire venir les opérateurs économiques clés. Nous avons négocié avec les pétroliers pour qu’ils construisent des stations-service à Katiola. Aujourd’hui, nous en avons quatre et une cinquième en construction. Il en est de même pour les banques. Katiola n’en avait plus et les fonctionnaires étaient obligés de demander des permissions pour se rendre à Bouaké pour les opérations bancaires avec les risques liés aux coupeurs de route qui sévissaient à l’époque, sans compter les frais de transport aller-retour. Nous sommes passés de zéro en 2013 à trois banques et une micro finance aujourd’hui, à la satisfaction des fonctionnaires. Nous avions même été félicités par Madame Kandia Camara, alors ministre de l’Éducation nationale, lors de la visite d’État du Président de la République dans le Hambol en 2019. En marge de cette visite d’État, Mme le ministre avait rencontré les enseignants du Hambol qui lui avaient exprimé leur grande joie suite à la fin de ce calvaire grâce à la présence des banques à Katiola.

Il reste que Katiola souffre encore des problèmes d’eau courante ?

Oui, Katiola souffre encore des problèmes d’eau courante mais nous avons mené des actions pour diminuer les souffrances de nos parents en matière d’eau, en attendant que l’État résolve totalement le problème. Nous sommes partis d’un triste constat en 2014. Effectivement, une année après notre arrivée à la mairie en 2013, Katiola a connu une crise d’eau. C’était la sécheresse. Pour une grande cité comme Katiola, figurez-vous, l’eau était fournie par deux citernes chaque jour en provenance de Bouaké. Lorsque nous avons vu les femmes se bousculer derrière ces citernes, nous nous sommes dit qu’il fallait que cela cesse. Nous avons donc engagé un programme de forage dans la ville. A ce jour, nous avons réalisé 26 forages répartis comme suit : 15 forages dans les 14 quartiers de la ville de Katiola, 5 forages dans les 10 villages de la commune (certains avaient déjà des forages) et 6 dans les campements. Ainsi, quelle que soit la situation de sécheresse à Katiola, il y a dans chaque zone de la ville des points où les populations peuvent se procurer de l’eau. C’est vraiment une action dont nous sommes fiers. Nous sommes en train de rendre ces pompes plus modernes en passant de pompes à motricité humaine à des pompes électriques grâce à des dispositifs de panneaux solaires. En attendant la mise en œuvre par l’État de la solution définitive pour qu’il y ait toujours de l’eau courante au robinet, cette action permet à la population d’avoir de l’eau dans la ville. Nous avons aussi regardé les besoins de l’éducation. A ce sujet, nous avons construit 30 salles de classe réparties dans presque tous les établissements de la commune. Nous avons réalisé trois cantines scolaires et fourni 1200 tables-bancs dans tous ces établissements. Concomitamment aux infrastructures, nous nous sommes attelés à faciliter l’acquisition des documents administratifs. Là où, par le passé, les usagers mettaient deux, trois ou quatre jours pour avoir leurs documents, nous avons instruit les équipes municipales afin que les documents administratifs soient rétablis dans les heures qui suivent le dépôt, surtout lorsque le requérant vient d’un village. Pour les résidents, c’est dans le courant de la journée.

Le député-maire de Katiola a parlé au nom de la population lors des échanges entre le vice-Président, les chefs traditionnels, les élus et les cadres du Hambol. (Ph: Poro Dagnogo)
Le député-maire de Katiola a parlé au nom de la population lors des échanges entre le vice-Président, les chefs traditionnels, les élus et les cadres du Hambol. (Ph: Poro Dagnogo)



Qu’en est-il du vaste projet de rapprochement de Bouaké et Katiola dont on a entendu parler dans les coulisses de la cérémonie d’hommage au Chef de l’État ?

D’abord, la voie entre les deux villes a été réhabilitée. Effectivement, nous sommes contactés parfois par des opérateurs économiques qui trouvent que Bouaké est congestionnée et que Katiola serait l’avenir, la suite de Bouaké. Vu qu’il n’y a que 45 km qui les séparent. Nous avons aussi l’avantage d’être sur les voies internationales terrestre et ferrée. Voilà donc comment nous arrivons à capter certains projets pour Katiola.

Quels sont vos grands projets immédiats ?

Nous envisageons de poursuivre la réalisation des forages dans les champs et les campements. Nous avons donc un plan pour que chaque campement ait son forage afin que les populations ne souffrent pas du manque d’eau. Nous poursuivons aussi la construction des salles de classe, de cantines scolaires et la fourniture des tables-bancs pour améliorer les conditions d’études des élèves afin d’augmenter les taux de réussite scolaire. Nous avons l’épineuse question du marché de Katiola qui est devenu trop petit. Nous prévoyons de déconcentrer le grand marché par l’ouverture d’autres marchés dans les quartiers.

Quelle place accordez-vous à la vie culturelle et sportive dans votre commune ?

Katiola est l’une des villes qui ont mis l’accent sur ces activités. Sur le plan culturel, nous avons le Festival des alliés. Faut-il le noter, le peuple Tagbana est celui qui a le plus d’alliances interethniques en Côte d’Ivoire. Nous sommes alliés aux Lobi, aux Koulango, aux Abron, aux Gouro, aux Yacouba, aux Koyaga, etc. Chaque année, nous nous retrouvons à Katiola avec tous nos alliés, à l’occasion de ce festival. Il y a aussi le peuple Mangoro, détenteur de la poterie, qui organise le Festival de la culture mangoro et de la poterie chaque année. Toujours sur le plan culturel, nous avons organisé les jeunes de la commune pour participer à Fréquence folie. Une compétition à laquelle nous sommes parmi les trois premiers. Sans oublier Radio vacances de Rti Bouaké, etc. Sur le plan sportif, nous organisons des compétitions entre les jeunes des quartiers de Katiola et des villages. C’est un moment d’intense engouement que les jeunes adorent, parce que cela apaise les tensions. A Katiola, nous avons développé le Maracana au point qu’au niveau du centre culturel, nous avons construit deux terrains aux normes nationales pour ce sport. Le commissaire général du maracana, le Commissaire Bleu Charlemagne, président de la Fédération nationale en charge du maracana, était récemment dans la commune pour organiser le tournoi national.

Interview réalisée par

EMMANUEL KOUASSI

et HERVE ADOU