Recherche scientifique : Pr Céline Nobah succède à Pr Rita Kacou à la tête de l’Afemc-CI

Pr Céline Nobah Koco compte insuffler une nouvelle dynamique à la faîtière des femmes chercheures dont elle tient aujourd’hui les rênes. (Ph: Dr)
Pr Céline Nobah Koco compte insuffler une nouvelle dynamique à la faîtière des femmes chercheures dont elle tient aujourd’hui les rênes. (Ph: Dr)
Pr Céline Nobah Koco compte insuffler une nouvelle dynamique à la faîtière des femmes chercheures dont elle tient aujourd’hui les rênes. (Ph: Dr)

Recherche scientifique : Pr Céline Nobah succède à Pr Rita Kacou à la tête de l’Afemc-CI

Le 09/08/22 à 16:24
modifié 09/08/22 à 16:24
Elles sont des centaines de têtes bien faites qui se sont mobilisées pour l’investiture de la nouvelle présidente de l’Association des femmes enseignantes-chercheures de Côte d’Ivoire.
L’amphithéâtre du Centre national de matériels scientifiques, à Cocody Saint-Jean, a accueilli, récemment, du monde en quantité et en qualité.

En effet, les femmes chercheures et enseignantes-chercheures, officiant dans toutes les universités et institutions universitaires de la Côte d’Ivoire, se sont retrouvées pour l’investiture de leur présidente élue le 26 mars 2022, au cours d’une assemblée, Pr Nobah Céline Sidonie Koco.

C’est donc dans une ferveur que les matières grises féminines des universités ivoiriennes, parées pour la circonstance de leur uniforme, ont pris d’assaut l’ex-Ecole normale supérieure pour asseoir leur nouveau bureau et lancer leurs activités.

A l’occasion, Pr Joséphine Guidy Wandja, première femme africaine Docteur d’État, agrégée en mathématiques, première femme africaine professeur de mathématiques dans une université, a tenu des propos qui ont motivé davantage celle qui succède au Pr Rita Caroline Kacou, présidente sortante, qui a passé le flambeau à sa « sœur ». « Le monde de la recherche est un domaine ardu, surtout pour la femme, à qui, en plus de la recherche, est épouse, mère. La chercheure est amenée à travailler bien plus que l’homme pour que le monde scientifique la reconnaisse comme telle », a-t-elle indiqué.

Puis d’illustrer ses propos par l’histoire de Marie Curie, première femme nobélisée. « L’histoire la plus marquante est celle de notre précurseure, le double prix Nobel, Marie Curie, physicienne et chimiste. Le parcours de Marie Curie dans la recherche fut difficile. Elle ne bénéficiait d’une condition adéquate pour faire ses recherches scientifiques. Ses casseroles lui servaient d’éprouvettes ; elle faisait la recherche avec son époux Pierre Curie, physicien. Lorsque le prix Nobel fut attribué à Pierre Curie, il refusa de se rendre à Stockholm, réclamant que le nom de sa femme figure sur le prix. Le monde scientifique s’est élevé contre cette condition. C’était une ménagère : Comment ? Une ménagère ? L’associer à un prix Nobel ? Non, pas question ! Le monde scientifique était composé uniquement d’hommes. Ce monde s’est vigoureusement opposé à l’attribution de ce prix à une femme. Et Pierre Curie a insisté, est resté ferme sur sa position. C’est donc au prix de son insistance que le jury a accepté de faire figurer son nom sur le prix. Le monde scientifique a continué à ne pas prendre cette femme au sérieux. Elle a eu du mal à occuper un poste de professeur dans les universités. Peu de temps après, son mari décède. Elle continue ses recherches et obtient le prix Nobel de chimie. C’est à partir de là que le monde scientifique a commencé à prendre non seulement Marie Curie au sérieux, mais la femme chercheure », a-t-elle enseigné.

Pr Céline Nobah Koco, spécialiste d’hydrobiologie (aquaculture) et écotoxicologie, chercheure associée à l’Institut français de l’Education, Ens de Lyon, chef de la section Svt à l’Ecole normale supérieure (Ens) d’Abidjan, présidente de l'Afem-CI. (Ph: Dr)
Pr Céline Nobah Koco, spécialiste d’hydrobiologie (aquaculture) et écotoxicologie, chercheure associée à l’Institut français de l’Education, Ens de Lyon, chef de la section Svt à l’Ecole normale supérieure (Ens) d’Abidjan, présidente de l'Afem-CI. (Ph: Dr)



Selon Pr Guidy Wandja, le champ de la recherche n’a pas changé de regard sur la femme. « Seul le travail impose la femme. Partout la femme devra travailler dur pour s’imposer. N’attendez pas que l’on vous applaudisse. Prenez vos propres initiatives et travaillez-y », a-t-elle conseillé à Pr Céline Nobah Koco, et à toutes les femmes chercheures. Bien avant, le bureau de la nouvelle présidente a bénéficié de l’appui du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Adama Diawara.

« Les inégalités empêchent les femmes de libérer tout leur potentiel et de contribuer positivement et efficacement au développement de notre beau pays, la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, je me réjouis de la collaboration entre le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, à travers la direction de l’équité et du genre et l’Afemc-CI qui s’est soldée par la mise en place de la cellule genre au niveau de l’association qui est le mécanisme institutionnel capable de donner ce coup d’accélérateur d’atteinte de l’égalité homme/femme dans le milieu universitaire et la recherche scientifique. Je voudrais vous inviter à formaliser ce partenariat utile et nécessaire pour la contribution des femmes au processus de développement de notre pays », a déclaré Pr Rita Kacou, au nom de Pr Mariatou Koné, ministre de l'Education nationale et de l'Alphabétisation, qui a apporté son appui à ses "soeurs". Avant d’encourager celles-ci à s’engager avec détermination dans leur mission.

La spécialiste d’hydrobiologie (aquaculture) et écotoxicologie, chercheure associée à l’Institut français de l’Education, Ens de Lyon, chef de la section Svt à l’Ecole normale supérieure (Ens) d’Abidjan, Pr Céline Nobah Koco, n’a pas manqué de remercier « du fond du cœur » ses devancières, Pr Tidou Sanogo et Rita Kacou grâce à qui l’Afemc-CI jouit d’une reconnaissance au niveau national et international. Elle a vivement remercié le Pr Mariatou Koné pour son soutien sans faille à cette faîtière qui veut faire école dans le milieu académique ivoirien.

Les différentes sections de l’Association des femmes chercheures et enseignantes-chercheures de Côte d’Ivoire avec à leur tête les différentes présidentes ont été présentées. En prélude à cette cérémonie d’investiture, l’Afemc-CI avait organisé une conférence de presse le 26 juillet 2022, à l’Université virtuelle de Côte d’Ivoire (Uvci), aux Deux-Plateaux, pour mobiliser la communauté scientifique nationale.

Il faut souligner que Université virtuelle de Côte d’Ivoire (Uvci) dirigée par le Pr Koné Tiémoman a apporté un soutien pour un fonctionnement à plein régime de l’Afemc-CI. Il a d’ailleurs rappelé que l’institution universitaire qu’il dirige offre de meilleures perspectives de formation dans le système LMD, car, « on y apprend en entreprenant ».

C’est pourquoi il a lancé un appel à l’ensemble de la communauté éducative, notamment vers les femmes chercheures et enseignantes-chercheures qui déplorent la faible présence des jeunes filles dans certaines filières, afin d’opter pour l’orientation de celles-ci vers cette université d’avenir.



Le 09/08/22 à 16:24
modifié 09/08/22 à 16:24

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