Covid-19 : Le port du masque foulé aux pieds à Abidjan

Une vendeuse ambulante de "cache-nez". (DR)
Une vendeuse ambulante de "cache-nez". (DR)
Une vendeuse ambulante de "cache-nez". (DR)

Covid-19 : Le port du masque foulé aux pieds à Abidjan

Depuis 2019, la pandémie à coronavirus a fait des milliers de victimes dans le monde. Pour faire face à cette maladie dangereuse, l’Etat ivoirien, à travers le Conseil national de sécurité (Cns), a prescrit des mesures barrières dont le port des masques. Une mesure malheureusement foulée aux pieds par les populations à ce jour à Abidjan.

Dans la commune d’Adjamé, précisément au rond-point du quartier ‘’Liberté’’, les nombreuses vendeuses ambulantes de ‘’cache-nez’’ dès les premières semaines de la pandémie, ont disparu. Seulement quelques jeunes filles proposent encore des masques de protection contre le coronavirus. Se faufilant entre les véhicules de transport en commun appelés communément ‘’Gbaka, wôrô-wôrô’’ et les passants, ces vendeuses, en général des adolescentes, tentent tant bien que mal d'écouler le petit stock de marchandises.

« Cache-nez ! Cache-nez ! Protégez-vous », s’écrient-elles, elles-mêmes le masque sous le menton ou, pour certaines, sans le moindre masque. Malgré ces appels à la protection, les passagers ou passants ne semblent pas être intéressés. Seuls quelques rares individus y accordent encore de l'importance.

Cette mesure salutaire dès les premières heures de la pandémie en Côte d’Ivoire est désormais reléguée au second plan alors que le pays compte encore des cas de contamination et de décès.

Selon le communiqué du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, du lundi 5 juillet 2021, ce sont 48 580 cas confirmés dont 47 970 guéris, 315 décès et 295 cas actifs qui ont été enregistrés.

« Les "cache-nez" ne sont plus rentables. Les gens n’ont plus peur du coronavirus donc n’achètent plus comme ce fut le cas au départ », souligne Bintou, une petite vendeuse. Puis d’ajouter : « Des personnes continuent d’acheter des masques pour les porter quand d’autres, par contre, le font pour avoir de la monnaie pour emprunter un véhicule de transport en commun ».

Mariam, une autre vendeuse, rencontrée à Treichville, fait savoir que les masques sont méprisés par les jeunes, contrairement aux personnes d'une tranche d'âge plus avancée. « Les personnes âgées s’intéressent à cette marchandise parce qu’elles sont les plus exposées », dit-elle.

Dans les autres communes de la ville d’Abidjan, le constat est le même. Les populations se comportent comme si la pandémie a été totalement vaincue en Côte d’Ivoire, malgré la sensibilisation faite pour le changement de comportement.

Plus loin, dans un supermarché de la même commune, le port du masque est obligatoire. Selon K.S, vigile de ladite surface, les patrons ont laissé des consignes fermes. « Sans "cache-nez", nous n’admettons pas de clients dans notre magasin et je veille au grain au risque de perdre mon emploi », dit-il.

A l’en croire, de nombreuses personnes ne semblent plus croire en la dangerosité de cette maladie pourtant mortelle et s'imaginent qu’elle continue de sévir seulement sous d’autres cieux. Tout comme ce supermarché, les pharmacies sont les meilleures élèves en la matière.

Dans ces officines, il est affiché à l’entrée, « Masque obligatoire », avec une image du produit. L’on a réussi dans ces édifices à imposer le respect de cette mesure barrière aux clients. À côté, certaines entreprises et administrations exigent cette mesure à leurs agents ainsi qu'à leurs visiteurs.

Tout en espérant une éradication prochaine de cette maladie, les populations devraient y aider en se soumettant à cette ordonnance du gouvernement qui vise à les protéger contre cette pandémie mortelle.

Mélèdje Tresore


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