Procès de Amadé Ouérémi : Le prévenu accusé d’avoir perpétré des massacres à Duékoué-Carrefour

Amadé Ouérémi habillé en tenue militaire en pleine crise post-électorale en 2011. (Photo : DR)
Amadé Ouérémi habillé en tenue militaire en pleine crise post-électorale en 2011. (Photo : DR)
Amadé Ouérémi habillé en tenue militaire en pleine crise post-électorale en 2011. (Photo : DR)

Procès de Amadé Ouérémi : Le prévenu accusé d’avoir perpétré des massacres à Duékoué-Carrefour

Le 08/04/21 à 10:13
modifié 08/04/21 à 10:13
La 5e audience a eu lieu, mercredi, au Palais de la justice au Plateau.
Son témoignage était très attendu. Présenté comme un témoin clé de la crise post-électorale à Duékoué, sous le sceau de l’anonymat, un habitant de cette ville martyre a accusé le 7 avril 2021, à la barre, Amadé Ouérémi et ses éléments d’avoir massacré des hommes et des femmes au Quartier-Carrefour, un secteur périphérique de cette commune.

«C’est dans la nuit 28 mars 2011 que la ville de Duékoué a été prise par les Frci et les supplétifs dozo. Nous étions terrés dans nos maisons à cause de l’affrontement. C’est le lendemain, c’est à dire le 29 mars matin, que nous sommes sortis. Partout dans la ville, les corps jonchaient les rues. J’étais avec un ami. On voyait une file de personnes, notamment les femmes et les vieillards se diriger vers la mission catholique, en provenance du Quartier-carrefour. Ces personnes pétrifiées, en pleurs, notamment des femmes, disaient : Amadé et ses hommes ont tué nos maris. C’est ainsi que moi et mon ami, nous nous sommes rendus sur place. C’était le désastre. Des cadavres de vieillards traînaient par terre. La fumée sortait des maisons incendiées. Nous avons vu des hommes en armes habillés en tenues militaires et portant des chaussures en plastique appelées ‘’ Lêkê. Ils étaient armés et tuaient sous les ordres de Amadé Ouérémi », a-t-il expliqué.

À la suite de cette question du juge Bini Charles : « Comment saviez-vous que c’étaient les hommes de Amadé Ouérémi ? « Le témoin a répondu : « Avant la crise post-électorale, je me suis rendu dans la zone du mont Péko avec des agents de l’Office ivoirien des parcs et réserves (Oipr). Ce jour-là, nous avons rencontré Amadé Ouérémi. Il y avait des hommes autour de lui, en véritable chef. J’ai pris des photos des hommes que j’ai revus le 29 mars 2011 au Quartier-Carrefour en train de piller et jubiler en paradant. Je reconnais certains de ces homme que j’avais vus aussi lors de la cérémonie de désarmement qui avait eu lieu avant la crise post-électorale ».

Le président du tribunal a voulu savoir si les corps qui jonchaient le sol à Duékoué-Carrefour étaient essentiellement ceux de vieillards. À cette préoccupation, il a confié que ce secteur était le nid des groupes d’auto-défense appelés miliciens. Et que c’est quand Duékoué est tombée entre les mains des Frci que cette bande armée de jeunes à détaler pour ne laisser que des vieillards sur place. C’est ce qui justifie le fait que ce sont ces personnes qui ont été massacrées.

Le témoin a raconté également que le 30 mars 2011, il a vu Amadé Ouérémi devant la brigade de gendarmerie de Duékoué. « Il se vantait des tueries. Il disait en direction des personnes qui étaient présentes en ce lieu qu’ils ont annihilé toutes les velléités. Les survivants ont fui », a-t-il rapporté.

Et le juge d’enchaîner : « Vous êtes sûr que c’était lui ? » Et le témoin de réagir : « Oui, je l’ai vu de mes propres yeux. Je vous dis que je le connaissais avant la crise de mars 2011 à Duékoué ».

Le juge du tribunal a, en outre, interrogé le témoin anonyme s’il a connaissance que l’accusé était un maillon d’une chaîne de commandement.

A ce sujet, il a fait savoir que Amadé Ouérémi agissait en vrai « seigneur de guerre », à la tête d’une bande armée. Et que pour garder le contrôle sur le mont Péko, il collaborait et soudoyait à la fois les Fanci, les forces régulières, et les rebelles. « Mais c’était un véritable chef de bande armée qui contrôlait de main de maître le mont Péko », a-t-il insisté.

Lors de cette audience, des photos et des vidéos des exactions commises attribuées au prévenu ont été projetées. Dans ces éléments sonores et d’images ont voyait Amadé Ouérémi manier les armes. L’on y a également vu une personne dénommée Youssouf Gagamé, présentée comme le chef d’état-major du « seigneur du mont Péko », relatant les atrocités commises.


Le 08/04/21 à 10:13
modifié 08/04/21 à 10:13

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