Père Don Abib Marcellin (Auteur de "Foi et Culture : quand le Zouglou chante Dieu": « Le Zouglou a une portée spirituelle, humaine, morale et sociale ».

Père Don Abib Marcellin (Auteur de Foi et Culture  quand le Zouglou chante Dieu).(DR)
Père Don Abib Marcellin (Auteur de Foi et Culture quand le Zouglou chante Dieu).(DR)
Père Don Abib Marcellin (Auteur de Foi et Culture quand le Zouglou chante Dieu).(DR)

Père Don Abib Marcellin (Auteur de "Foi et Culture : quand le Zouglou chante Dieu": « Le Zouglou a une portée spirituelle, humaine, morale et sociale ».

Depuis le 1er août 2020, vous avez sorti votre 2e ouvrage intitulé : "Foi et culture : quand le Zouglou chante Dieu". Qu’est-ce qui a motivé une telle œuvre au titre quelque peu intriguant ?
C’est tout simplement une aventure scripturaire, pour faire découvrir aux lecteurs, aux mélomanes, aux acteurs du showbiz en général et du zouglou en particulier, que Dieu est aussi présent dans le beau, le bon, l’ordinaire et la vérité. Pour réussir cela, j’ai voulu donc me servir du zouglou, en lien avec le binôme foi et culture. Aujourd’hui, ce n’est un secret pour personne, le zouglou est une musique identitaire en Côte d’Ivoire. En analysant où et comment le zouglou est né et son mode de déploiement, je pense qu’il ne faut cataloguer, ni stigmatiser cette musique. D’ailleurs, il est important de savoir que la clé d’appréciation d’une musique doit être basée sur cette trilogie : mélodie, texte et rythme. Sur cette base, le zouglou peut constituer un tremplin d’évangélisation, mais en même temps, il a besoin d’être évangélisé. D’où l’urgence de l’accompagnement des artistes, à travers une pastorale catégorielle, une aumônerie qui leur sera dédiée.

N’est-ce pas pour vous aussi une façon de gagner des âmes chez les adeptes du Zouglou ?

Il est important de porter et de faire entendre le message de l’amour de Dieu dans le monde de la culture. Parce que les artistes comme nous aussi, sont des enfants de Dieu et ils ont besoin de sentir et savoir que l’Église s’intéresse à eux. Certains sont nés catholiques, d’autres désirent le devenir et d’autres encore abandonnent la foi catholique. Les artistes doivent savoir que rien de beau, de grand, de merveilleux et de durable ne peut se construire et se réaliser sans Dieu. Notre mission est de le leur faire savoir ou de le leur rappeler.

Mon Père, en quoi peut-on déceler la présence de Dieu dans le Zouglou ?
La mission de l’Église est de s’armer pour aller vers tout le monde et faire connaître et découvrir Dieu. Cette mission consiste aussi à déceler, discerner la présence de Dieu dans ce que nous faisons. Certains textes du Zouglou sont évocateurs, profonds, denses, pour servir à l’évangélisation. Je vous invite à prendre certains textes zouglou dans leur composition musicale et vous verrez leur portée spirituelle, humaine, morale et sociale. Je pense qu’il est vraiment judicieux et opportun de valoriser le zouglou, qui est aujourd’hui, une identité culturelle pour nous les Ivoiriens. Le zouglou a une manière toute spéciale d’aborder et de présenter les faits de vie, de conscientiser le peuple, de tourner en dérision certains événements et de se faire la voix des sans voix.
Quel regard portez-vous sur le concept "Zouglou Gospel" qui attire depuis quelque temps des artistes ?

Vous savez, j’aime bien le zouglou et le zouglou fait du bien... Mais dans mon livre, je fais la part des choses en signifiant qu’il ne peut pas et ne doit pas être introduit dans une action liturgique. Tout simplement parce que la liturgie respecte un code. Il y a des normes. Cependant, on peut se servir du zouglou pour des activités para-liturgiques, des rassemblements de jeunes ou pour des évangélisations. Le Zouglou Gospel, est à saluer et encourager. Ceci dit, j’apprécie ce que fait Richard Krémé et bien d’autres chantres, qui exploitent ce genre musical pour montrer l’ouverture de l’Église. Il m’est déjà arrivé et bien des fois de "libérer en zouglou", mais jamais dans une assemblée liturgique. En fait, il faut éviter d’introduire le profane dans le sacré, au risque de transformer nos assemblées en espaces de spectacles ou en de petits capharnaüms.

Père Abib, le défenseur du Zouglou. Ce qualificatif vous convient-il ?

Je suis ce que je suis : un prêtre tout simplement. Mais étant dans la société et ayant écouté plusieurs fois cette musique, je pense qu’elle doit être promue. Le Zouglou c’est un langage, une philosophie, une musique, un esprit. Les zouglouphiles ont pour habitude de s’appeler ‘’parents’’. On voit donc la dimension communautaire, la dimension famille. Cette manière d’agir et de voir est à promouvoir. Mais plus clairement, il est important que les actes concrets d’amour, de pardon, de communion, puissent accompagner les chansons. Les artistes comme les mélomanes doivent accorder une place de choix à Dieu dans ce qu’ils font, par la mise en pratique des valeurs spirituelles, humaines et morales. La culture ne doit jamais faire oublier Dieu, ni l’ignorer. Dieu nous aime ! Qu’Il nous bénisse ! Qu’Il protège tous les acteurs du monde de la culture.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SERGES N’GUESSANT

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