Dr Tanoh Méa (Directeur coordonnateur Pnlp): « D’ici cinq ans, nous allons avoir moins de 100 cas de décès »

Dr Tanoh Méa, Directeur-coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme. (Dr)
Dr Tanoh Méa, Directeur-coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme. (Dr)
Dr Tanoh Méa, Directeur-coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme. (Dr)

Dr Tanoh Méa (Directeur coordonnateur Pnlp): « D’ici cinq ans, nous allons avoir moins de 100 cas de décès »

Le 05/11/20 à 11:23
modifié 05/11/20 à 11:23
En marge d'un séminaire de renforcement des capacités en septembre dernier, à Daoukro, le praticien a affiché son optimisme quant à l'élimination du paludisme en 2030.
Quel est l'intérêt d'organiser, pour la seconde fois, un atelier de renforcement des capacités en faveur de la lutte contre le paludisme, en partenariat avec le projet « Measure Malaria » ?
Cette rencontre est très importante. C’est une formation en Surveillance, Suivi et Évaluation. Toutes les activités de suivi du programme doivent être bien rapportées. Nous avons besoin de mettre nos acteurs à niveau, afin qu’eux-mêmes puissent rapporter les données qu’ils recueillent sur le terrain et les analyser.

Peut-on déduire que des données approximatives sont rapportées et quels en sont les impacts ?
Les informations erronées amènent à prendre des décisions qui ne sont pas justes. Pour avoir les informations justes, il faut bien que les acteurs soient formés en surveillance de suivi évaluation. Et cela, afin qu’ils s’approprient des données qui sont tellement importantes dans la gestion d’un programme. Une fois que ces acteurs sont formés, ils vont pouvoir non seulement analyser les données à leur niveau, mais aussi y trouver les failles. C’est très important parce que cela va leur permettre d’évaluer ce qui n’a pas marché et de le corriger ; avant de le rapporter au niveau central.

A cette étape du processus, qu’est-ce que vous ferez des données?
A ce niveau, il s’agit de rendre les décisions parce que tous les plans stratégiques que nous avons sont basés sur les données. Donc si les données ne sont pas justes, c’est sûr que les programmations que nous ferons n'aideront pas la population.

Si tant est que votre défi est d’éradiquer le paludisme, quel est l’impact d’une telle formation ?
C’est d’aller à l’élimination d’ici 2030. Ce défi est conditionné par deux ou trois choses. D’abord, la disponibilité des acteurs. Ces derniers doivent bénéficier des séances de renforcement des capacités. On a déjà formé des gens en paludologie pour qu’ils connaissent la maladie, et sachent comment lutter contre cette pathologie et comment la soigner. Une fois que cela est fait, il faut qu’on leur apprenne ensuite comment recueillir les données en informations utiles pour le programme. Car si nous voulons aller à l’élimination, il faut qu’on renforce les capacités de nos acteurs de terrains. Passé cette étape, les agents de santé vont non seulement respecter les directives, mais aussi mieux connaitre la maladie et mieux rapporter les données. Par exemple, Ils se rendront compte, que ce soit dans leur région ou dans autre zone, qu'il y a des dysfonctionnements. Alors, devant l’obstacle, les acteurs outillés seront plus à l’aise pour dresser les questions afin de mieux travailler et renforcer les capacités des autres acteurs. Dans le cadre de l’élimination du paludisme, cette formation est bonne pour nous parce qu’elle va nous permettre de collecter de bonnes informations pour voir si on tend vers l’élimination ou pas. Les informations erronées ne permettent pas d’apprécier la progression vers l’élimination. Alors que quand elles sont justes, nous pouvons mieux apprécier le travail abattu vers l’élimination.

Malgré l’optimisme affiché quant à l’élimination prochaine du paludisme, une préoccupation subsiste. A savoir, est-ce que la Côte d’Ivoire fait toujours partie des quatre pays qui enregistrent un fort taux de mortalité ?
Cela date de longtemps. En 2012, la Côte d’Ivoire faisait partie des cinq pays les plus endémiques et pourvoyeurs des cas de paludisme. Il faut dire que le nombre de cas de décès a diminué de 50%, en trois ans. De 2017 à 2019, nous avons eu une baisse de la mortalité de paludisme de plus de 50% parce que nous étions à 3222 cas en 2017. En fin 2019, nous avions eu 1 645 cas; donc, vous voyez que cela été réduit de moitié. Cette régression de la mortalité de paludisme continue. Un récent bilan avec tous les directeurs régionaux de Côte d’Ivoire, révèle que cette régression de la mortalité du paludisme est observée encore. Aujourd’hui, nous sommes optimistes parce nous savons que dans quelques années, nous pourrions éliminer le paludisme. Si déjà la mortalité continue de baisser à ce rythme, nous pensons que d’ici cinq ans, nous allons avoir moins de 100 cas de décès.

Au regard de vos statistiques, est-ce que les enfants sont toujours une cible vulnérable ?

Dans la lutte contre le paludisme, la cible vulnérable, ce sont les enfants de moins de cinq ans et la femme enceinte. Donc, les enfants sont toujours exposés. C’est pour cette raison que nous demandons aux femmes enceintes de se rendre le plus tôt possible dans un centre de santé pour faire leur consultation prénatale. Ainsi, elles pourront bénéficier de la prise en charge en vigueur et bénéficier aussi de moustiquaires. Nous recommandons aussi aux femmes d’envoyer leurs enfants à l’hôpital, dès la naissance, pour bénéficier du dépistage et du traitement gratuit.


Le 05/11/20 à 11:23
modifié 05/11/20 à 11:23

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