L’éditorial de Venance Konan : Après l’amitié et le reste…

L’éditorial de Venance Konan : Après l’amitié et le reste…

Le 12/10/20 à 10:38
modifié 12/10/20 à 10:38
Il vient du sud-est. On disait qu’il était le meilleur ami du Sphinx du centre-est. En tout cas, ils avaient fait carrière ensemble, l’un tirant l’autre. Lorsque le Sphinx accéda au pouvoir suprême, l’homme du sud-est devint son ministre le plus puissant. Puis est arrivé le funeste coup d’État de Noël. Le Sphinx est parti, laissant son ami aux mains de la soldatesque. Ceux qui ne savent rien mais disent tout, racontent que l’ami fut mortifié d’avoir été oublié ici par le Sphinx. Il « coupa donc igname » avec son ami de plusieurs décennies. Cela veut dire dans leurs langues respectives qu’il décida de ne plus lui adresser la parole. Et non seulement il ne lui a plus adressé la parole, il n’a dit mot à personne non plus, pas en public en tout cas, sur son ancien ami. Ni en bien, ni en mal. Cela s’appelle avoir de la dignité.

Autres cas. Hier, on disait d’eux, hommes du sud-est aussi, qu’ils étaient les amis, ou tout au moins les plus proches collaborateurs de l’homme du nord. Ils avaient été ensemble, dans la quête du pouvoir, et dans sa gestion, lorsque ce pouvoir leur échut. Ils furent aux postes les plus prestigieux. Ils furent même si proches qu’ils rêvèrent d’être les héritiers de l’homme du nord. Cela ne leur fut pas accordé car ils étaient plusieurs prétendants à ce poste. Le problème est que, lorsqu’il y a plusieurs prétendants à un trône, ou à une chaise, et que l’un est choisi, puisqu’il n’en faut qu’un, tous les autres deviennent des frustrés. Mais chacun exprime sa frustration selon son éducation et selon le fond de son âme.

L’un, celui dont on raillait les costumes toujours trop amples, se mura dans le silence. Le silence de la dignité.

L’autre, celui dont les costumes étaient toujours bien ajustés, choisit, lui, de passer avec armes et bagages chez les adversaires et d’attaquer publiquement celui dont il fut l’ami, l’intime, et de livrer sur la place publique des choses qui les avaient liés, des choses dont il avait été témoin. Il a même affirmé que son ancien ami était un dictateur. Un dictateur ? Tiens donc ! Depuis quand le sais-tu, mon ami, mon très cher frère ? Il ne l’est certainement pas devenu depuis seulement votre rupture qui date d’à peine quelques mois. Et tu ne l’as pas dénoncé plus tôt, pour sauver ton pays pour lequel tu te dis aujourd’hui prêt à mourir ? Et tu voulais être l’héritier de cette dictature ? Mon très cher frère, tu connais la valeur du silence au début du parcours. Si tu veux avoir la connaissance qui te permettra d’obtenir demain ce que tu désires, commence par te taire. Sinon ce sont tes nouveaux amis qui se méfieront de toi.

Parlons de l’autre, celui du grand ouest. Lui aussi fut de tout temps de ce pouvoir. Il en occupa des postes prestigieux. Et comme ceux du sud-est, il rêva d’en être l’héritier. Cela lui fut refusé. Et lui aussi devint du jour au lendemain un opposant. Lui aussi critique aujourd’hui ce pouvoir dont il fut pourtant l’un des piliers. Il oublie sans doute que son bilan à lui fait partie du bilan global de ce pouvoir, et que si l’on doit critiquer ce pouvoir, il faudra peut-être parler de ces autorisations d’ouvrir des pharmacies ou des universités et grandes écoles distribuées à grande échelle contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Et de beaucoup d’autres choses.

Soyons bref. Tout le monde peut critiquer ce pouvoir sauf vous deux. Non, vous devez vous taire. Parce que lorsque vous attendez de n’avoir pas été choisis pour perpétuer ce pouvoir pour en dénoncer les défauts, aucune personne intelligente ne peut vous accorder du crédit. Oui, vous auriez été choisis pour succéder au prince actuel que vous ne lui auriez trouvé que des qualités. C’est d’ailleurs pareil pour le Sphinx qui, lui aussi, rêvait d’être adoubé par le prince, mais lui au moins a l’excuse de n’avoir pas été au cœur du système comme vous. En fait, votre comportement démontre clairement que le prince qui vous connaît bien a eu raison de ne pas vous choisir pour lui succéder. Non, vous taire est la seule façon pour vous de garder votre dignité. Et d’inspirer confiance à votre nouveau camp .


Le 12/10/20 à 10:38
modifié 12/10/20 à 10:38

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