Le Premier ministre aux populations de Daoukro : « Le champ de bataille politique, ce sont les urnes »

Le chef du gouvernement s'est montré exigeant envers la jeunesse invitée à ne pas porter les désaccords des politiques.
Le chef du gouvernement s'est montré exigeant envers la jeunesse invitée à ne pas porter les désaccords des politiques.
Le chef du gouvernement s'est montré exigeant envers la jeunesse invitée à ne pas porter les désaccords des politiques.

Le Premier ministre aux populations de Daoukro : « Le champ de bataille politique, ce sont les urnes »

Le 30/08/20 à 19:11
modifié 30/08/20 à 19:11
En visite samedi dernier à Daoukro, ville natale de l’ancien président Henri Konan Bédié, le Premier ministre Hamed Bakayoko n’a pas caché sa peine. La paisible cité hospitalière, cosmopolite s’était, rappelons-le, laissée surprendre mi-août par de vilains courants politiques au point de céder à des accrochages communautaires. Bilan, quatre jeunes tués et 172 blessés.
Le refus de revoir ces scènes « insensées » a transpiré dans le discours du chef du gouvernement. Face aux populations, autorités traditionnelles, chefs de communauté, guides religieux et surtout devant les jeunesses rivales, baoulé et malinké, tous réunis dans la cour de la préfecture de Daoukro, il a manié pédagogie et fermeté.
« Il ne faut pas que les oppositions politiques entrainent des conflits intercommunautaires. Ça n’a pas de sens. Et ce n’est pas normal. Parce que dans chaque parti politique, il y a toutes les communautés de toutes les ethnies. Qui vous dit que parmi ceux que vous allez agresser, il n’y a pas de gens membres de votre parti politique ? Il faut laisser la politique aux politiques. Et le champ de bataille politique, ce sont les campagnes électorales et les urnes », a-t-il expliqué.
Surtout que personne ne peut arrêter un conflit intercommunautaire sauf la bonne volonté et la bonne conscience. Bien souvent, les stigmates traversent les générations.
« Quand ça va entre nous les politiques, nous n’appelons pas les jeunes. Mais quand ça ne va pas on demande aux jeunes de porter nos désaccords. Ce n’est pas normal. Parce qu’au moment où on s’entend, les jeunes ne sont pas témoins. Chers jeunes, ne gaspillez pas votre énergie ni votre avenir à cause de la politique », a-t-il poursuivi, engageant plutôt les jeunesses de tous bords à souscrire aux projets d’aide à l’insertion du gouvernement.
Et d’ailleurs, selon Hamed Bakayoko, Daoukro ne saurait être "le théâtre" d’affrontements fratricides. Car chacun est mélangé à l’autre. Lui-même a rappelé ses propres liens de fraternité avec son jeune frère le député Akoto Olivier qui l’a sollicité pour parrainer un festival culturel à Daoukro. Il a fait état aussi des liens très proches avec la fille du président Bédié, épouse du président du Conseil régional de l'Iffou, Traoré Adam-Kolia.
« Des gens s’aiment, puis un jour, brusquement, ne s’aiment plus parce que des acteurs politiques leur ont dit des choses différentes. Non. Je vous demande d’être des acteurs de paix et de rapprochement. Même quand vous apercevez une situation particulière entre vos papas, votre rôle de fils, ce n’est pas d’aggraver la situation, mais c’est de l’apaiser. Parce que cette situation-là, elle passe et elle passera », a-t-il indiqué.
Et d’insister : « ce qui s’est passé à Daoukro ne doit plus jamais se reproduire. Tout simplement parce que Daoukro, c’est chez le président Henri Konan Bédié. C’est à Daoukro qu’il y a l’hôtel de la paix. On ne peut pas associer l’image de Daoukro à la violence ».
Les chefs traditionnels ont été invités à ne pas souffler sur les braises des frictions, mais à être plutôt des porteurs d’eau. Car il importe de revenir aux "fondamentaux du vivre ensemble dans la paix et le développement".
Hamed Bakayoko s’est voulu encore plus exigeant avec les jeunes.
« Le président Alassane Ouattara m’a nommé pour que je m’occupe des jeunes. Ce n’est pas le moment de vous laisser aller dans des mouvements politiques. Toutes les contradictions politiques ont des solutions politiques et administratives », a-t-il requis.
Quitte à faire des marches, autant les faire de « manière démocratique et libre », en se référant aux autorités administratives et de police, sans dresser des barricades ni brûler le bitume. Car le bien public est au service de tous.
La visite du chef du gouvernement a débuté par des échanges avec le préfet à la résidence de ce dernier. Qui pouvait mieux que les représentants de l’Etat reconstituer les faits de ce drame survenu du 10 au 14 août derniers ? Hamed Bakayoko s’est rendu ensuite à la cour royale où il a traduit la compassion du gouvernement. Le Premier ministre a surtout tenu à inaugurer lui-même un château d’eau à Bédiékro, un grand village où trône le domaine d’Henri Konan Bédié.
Comme pour dire que malgré tout et au-delà de tout, l’Etat est au service de toutes et de tous. Hamed Bakayoko s’était précédemment rendu à Bonoua jeudi, à Divo et Gagnoa vendredi, avant Daoukro samedi. A cette étape de Daoukro, il avait à ses côtés une brochette de membres du gouvernement. Notamment, les ministres Issa Diakité de l’administration du territoire et de la décentralisation, Bakayoko Ly Ramata de la femme, de l’enfant et de la famille, Amedé Kouakou de l’Entretien routier, Laurent Tchagba de l’hydraulique et Anoblé Félix de la promotion des Petites et moyennes entreprises.
Le 30/08/20 à 19:11
modifié 30/08/20 à 19:11

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