Gestion de l’école pendant la Covid-19 : Ahoussou Jeannot salue les grandes initiatives de Kandia Camara

Gestion de l’école pendant la Covid-19 : Ahoussou Jeannot salue les grandes initiatives de Kandia Camara

Le 16/06/20 à 18:09
modifié 16/06/20 à 18:09
Le président du Sénat qui a convié la ministre de l’Education nationale pour de plus amples informations sur sa gestion de l’école pendant la pandémie à coronavirus, n’a pas lésiné sur les mots pour la féliciter pour toutes ses bonnes initiatives prises pour sauver l’école.
Madame la Ministre,

Je voudrais vous souhaiter de façon chaleureuse, la cordiale bienvenue dans cette salle de la Fondation Félix Houphouët-Boigny qui nous sert d’hémicycle.

Madame la Ministre,

Le Sénat est particulièrement honoré de vous recevoir à l’occasion de cette séance d’information parlementaire. En effet, le Sénat en tant qu’Institution de représentation nationale, échange régulièrement avec les Ministres relativement à la gestion de la crise sanitaire actuelle liée à la maladie à Coronavirus, mais au-delà, et plus globalement, sur l’exécution du programme du Gouvernement. Ces échanges s’inscrivent dans le cadre de sa mission constitutionnelle de contrôle de l’action du Gouvernement et d’évaluation des politiques publiques.

Mesdames et Messieurs, Chers collègues,

Je ne puis aborder le vif du sujet de ce jour sans m’arrêter au préalable, un tant soit peu, sur les immenses qualités et la carrure de la personnalité que nous recevons aujourd’hui. Je tiens ici, devant l’ensemble des sénateurs, à rendre un hommage particulier à Madame la Ministre Kandia Kamissoko CAMARA.

Madame la Ministre,

Je voudrais rendre hommage à la personnalité sportive, politique de premier plan que vous êtes. Je voudrais rendre hommage à ce modèle de lutte, de loyauté et de fidélité que vous incarnez. Je voudrais rendre hommage à votre courage et à votre endurance. Je voudrais en un mot, saluer le parcours politique et professionnel exceptionnels d’une combattante charismatique. Votre nomination à la tête du Ministère de l’Education Nationale n’est donc pas une génération spontanée, elle sonne comme le couronnement d’une carrière politique pleine et accomplie. En 2011, suite à la crise postélectorale, vous avez hérité d’une école exsangue. Vous avez géré les conséquences de la crise socio-politique.



Les questions brulantes du Sénat

En 2020, avec la pandémie liée à la Covid-19, vous devez gérer les conséquences de la crise sanitaire.

Comment faites-vous donc pour être si résiliente ?

En effet, la grave crise sanitaire mondiale due à la maladie à coronavirus a, à l’instar de tous les autres pays du monde entier, affecté l’ensemble des secteurs d’activités de notre pays. De tous ces secteurs d’activités, celui de l’éducation est l’un des plus durement touchés.

En effet, dès les premières heures de la crise, notamment le 16 mars 2020, l’urgence de la situation et la méconnaissance de la maladie ont conduit le Président de la République, dans le souci de préserver la santé des Ivoiriens, à décider de l’arrêt immédiat des cours et de la fermeture des établissements scolaires. Ainsi, près de deux mois durant, soit jusqu’au 25 mai dernier, les élèves ont arrêté de fréquenter les établissements scolaires.

Ces mesures visaient à protéger les élèves et à stopper la progression de la pandémie dans le pays.

Dans ce contexte, le Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle que vous dirigez, a pris des mesures pendant la période de confinement, en vue d’assurer la continuité des enseignements.

Ces mesures réfèrent, entre autres, à l’organisation, dès le 06 avril 2020, des cours télédiffusés, radiodiffusés et également en ligne, via internet pour les élèves des classes en année d’examen.



Madame la Ministre,

Aujourd’hui, quel bilan pouvons-nous faire de ces mesures palliatives prises par le Gouvernement pour assurer la continuité des cours pendant la période de fermeture des établissements scolaires ?

Les élèves, cibles du programme « écoles fermées mais cahiers ouverts » ont-ils pu effectivement bénéficier des cours télédiffusés et en ligne organisés à leur intention quand on sait que toutes les familles ne disposent pas de postes radio ou de postes de télévision encore moins du réseau internet ?

Et quand bien même, ces moyens technologiques seraient accessibles à tous, on sait que la Côte d’Ivoire n’est pas entièrement couverte par les fréquences hertziennes.

Au regard de ce constat, quelles sont les statistiques ou encore le taux d’audience de ces programmes ?

Quelles autres mesures palliatives ont été mises en œuvre en faveur des élèves au cours de cette période ?

Aujourd’hui, l’école a repris sur toute l’étendue du territoire national depuis le 25 mai 2020. La nécessité de protéger les enseignants et les élèves a conduit le Ministère à prendre des mesures notamment la réduction de moitié des effectifs par classe et l’instauration de la double vacation afin de respecter les mesures de distanciation physique.

Dans ce contexte, quelles mesures sont prises pour protéger les enseignants ainsi que leurs élèves ?

Les établissements scolaires disposent-ils de suffisamment de masques, de kits de lavage de mains pour assurer la sécurité sanitaire des enseignants et des élèves ?

Les enseignants et leurs élèves dispersés un peu partout en Côte d’Ivoire à l’occasion de la fermeture des classes ont-ils pu effectivement regagner leurs postes de travail à l’occasion de la réouverture des établissements scolaires ?

Ces mesures sont-elles techniquement applicables ? en d’autres termes, disposons-nous de suffisamment d’infrastructures pour mettre en œuvre ces mesures ?

Comment toutes ces opérations s’opèrent-elles concrètement sur le terrain, dans nos écoles ?



Les préoccupations du Sénat concernent également les examens à grands tirages.

En effet, le réaménagement du calendrier académique ainsi que celui des examens scolaires à grands tirages a été décidé par le Gouvernement en raison de la crise sanitaire qui a induit une fermeture momentanée des écoles.

Pouvez-vous rassurer les sénateurs et la nation toute entière sur la fiabilité et la crédibilité des diplômes qui seront délivrés à la suite de ces examens ?

C’est à toutes ces interrogations que les sénateurs voudraient avoir des réponses.

Mais, au-delà des préoccupations conjoncturelles liées à la crise sanitaire, je voudrais saisir l’occasion pour poser des questions de fond touchant à la politique générale de l’éducation dans notre pays.

A ce propos, il importe de rappeler que l’éducation a constitué l’une des forces de notre pays sur laquelle s’est bâtie sa notoriété et sa relative prospérité jusque dans les années 90. Le retour de la Génération 46 et les vagues successives de contingents ivoiriens envoyés à l’extérieur après leur formation de base en Côte d’Ivoire, ont été le socle du développement de notre pays.



Aujourd’hui, face au nombre croissant de diplômés sans emploi, doit-on continuer dans la voie de la formation diplomante ou au contraire, doit-on opérer sans équivoque le virage vers la formation qualifiante?

Par ailleurs, en dépit de tous les efforts consentis par l’Exécutif en vue d’assurer la gratuité de l’école pour tous, je voudrais inviter le Gouvernement à continuer d’œuvrer pour l’égal accès de tous à l’école.

Sur ce point, ne serait-il pas intéressant de revenir à l’enseignement télévisuel comme l’a initié le Père Fondateur en 1970 ?

Comment concilier cette proposition avec les cours en ligne qui s’imposent aujourd’hui à tous les systèmes scolaires au monde du fait de la pandémie ?



Les deux appels forts d’Ahoussou à la communauté éducative

Madame la Ministre,

A ce stade, le Sénat voudrait lancer deux appels.

Premièrement, je voudrais indiquer que parler de l’école, c’est envisager l’avenir de notre pays. Il est question de préparer la relève pour que les générations futures puissent, au moins pérenniser les acquis que nous leur aurons légués, au plus, faire mieux que leurs père et mère. C’est pourquoi, je voudrais inviter l’ensemble du corps social à s’intéresser davantage à la question de l’école.

Au niveau du Sénat, un Groupe de Réflexion est en train de travailler sur ce sujet ; les résultats de nos réflexions vous seront communiqués.

Deuxièmement, je voudrais, au moment où le Gouvernement déploie des efforts considérables en vue de sauver l’année académique 2019-2020, lancer un appel à tous les acteurs du système éducatif.

Je voudrais inviter solennellement chacun de ces acteurs, dans un sursaut de patriotisme, à observer pour cette fin d’année scolaire et pour l’année scolaire prochaine, une trêve sociale absolue et sans condition.

Notre école est déjà suffisamment affectée par cette crise sanitaire. Devant l’histoire, nous n’avons pas le droit de la fragiliser davantage avec des grèves à répétition.

Que les années 2020 et 2021 soient pour tous, des années de sacrifice.



Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Je ne puis clore mon propos sans inviter tous nos concitoyens, une fois de plus, comme je le fais depuis le début de cette série de séances d’information parlementaire, à appliquer les gestes barrières afin de réduire les risques de propagation de la Covid- 19 : se laver régulièrement les mains avec du savon ou des solutions hydro alcooliques, ne plus serrer les mains, garder une distance minimum d’un mètre à l’occasion de nos interactions, éternuer ou tousser dans le pli du coude.

Tous ensemble, unis, solidaires et déterminés, nous sortirons vainqueurs de cette lutte contre le Covid-19.

Dieu protège notre beau pays !

Vive la Côte d’Ivoire !

Je vous remercie.

Jeannot AHOUSSOU-KOUADIO

Président du Sénat

Le 16/06/20 à 18:09
modifié 16/06/20 à 18:09

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