Songon-Ville nouvelle : Un endroit qui fait rêver... mais que de surprises !

Songon-ville nouvelle promet avec ses belles artères. (DR)
Songon-ville nouvelle promet avec ses belles artères. (DR)
Songon-ville nouvelle promet avec ses belles artères. (DR)

Songon-Ville nouvelle : Un endroit qui fait rêver... mais que de surprises !

Le 03/06/20 à 17:47
modifié 03/06/20 à 17:47
Six ans après un démarrage en trombe des opérations immobilières, le projet connaît des écueils qui retardent son plein envol. Randonnée dans une ville d’avenir.
Songon. Nom générique d’un ensemble de villages situés dans la banlieue ouest d’Abidjan, à une quinzaine de kilomètres. Ce que l’on pourrait qualifier de préfixe de l’appellation de cette agglomération rime depuis 7 ans avec le programme gouvernemental de logements sociaux et économiques. De sorte qu’à Songon est née une « ville nouvelle ». Ou du moins est en train de naître.

Songon-Ville nouvelle se situe précisément à Songon-Kassamblé. On y accède depuis le carrefour de la pharmacie Eliora. Ce qui s’impose tout de suite à la vue est plutôt enchanteur. Il s’agit d’une belle et grande artère de 2x2 voies qui s’étire à perte de vue. C’est incontestablement la première surprise... la belle surprise pour tout nouveau visiteur.

Cette voie est en quelque sorte le boulevard principal de la nouvelle ville. Bitume impeccable. Beau décor des lampadaires. Trottoirs libres – les vendeurs ne se sont pas encore installés. Chaussées dégagées – les véhicules sont rares.

Songon-Ville nouvelle impressionne vraiment par la densité de ses belles artères qui relient les différentes cités réalisées ou en construction par la multitude de sociétés immobilières. Ce sont de belles avenues en perspectives, qui font penser à la ville de Yamoussoukro.

En parcourant l’endroit, on se dit : « La circulation sera très facile ici ». On se dit aussi : franchement, le niveau du standing des artères est largement au-dessus de celui des maisons, comme le fait remarquer Koné Abdoulaye, chauffeur dans une entreprise de presse.

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Du bon, du beau, du moins beau, du regrettable...

Du boulevard principal, le visiteur peut se faire une idée globale de cette banlieue en construction. Où il y a du bon, du beau, du moins beau, du regrettable et du mauvais. Notamment en ce qui concerne l’essentiel. C’est-à-dire les habitations.

De loin, c’est du rêve ! Mais de près, il y a à redire. De sorte que le visiteur est pris entre l’émerveillement et la désolation ! Le sentiment d’inachevé est quasi présent. De nombreux terrains vagues entre les cités – heureusement transformés en champs de manioc.

De belles maisons non habitées, comme ces superbes villas duplexes en préfabriqués réalisées par une entreprise chinoise. L’image est insupportable. La brousse a envahi les lieux. On aurait dit un quartier dont les habitants ont fui une calamité. Un quartier fantôme. Alors qu’en réalité toutes ces maisons n’ont jamais été habitées.

Ou encore, à une centaine de mètres de là, ces petites maisons de couleur rose construites sommairement qui, après avoir attendu en vain leurs propriétaires, sont en train de tomber en ruine. Les toitures qui ne tiennent plus. La boiserie qui fout le camp. Les herbes qui y ont pris place, etc. Quand ce n’est pas la flotte qui les envahies en saison des pluies à cause de leur niveau d’implantation trop bas par rapport à la route.

Un bel endroit en devenir

La route. Ou plus exactement les belles et vastes voies libres. L’automobiliste qui y roule doit faire beaucoup attention. Il ne faut pas se laisser endormir par le confort de roulement. Il y a des dangers insoupçonnés. Ce sont les nombreux giratoires non encore réalisés. Tout automobiliste non averti roulant à grande vitesse pourrait être surpris et y casser sa voiture.

Attention ! La prudence doit l’être davantage la nuit tombée. Car aucun de ses beaux lampadaires qui décorent les grandes voies ne s’allume. Ils ne sont pas encore mis sous tension. La nuit, c’est l’obscurité totale ! « Ces belles routes perdent leur splendeur à la tombée des ténèbres, apprend-on auprès des habitants ».

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Les pièges de la route maîtrisés, le visiteur peut tout de même se faire une idée de ce bel endroit en devenir du Grand Abidjan. Quand des cités comme Venus, Lauriers, Ouaga 2000, Nzi-Kan, Perles des lagunes, Arc-en-ciel, Addoha... auront fière allure grâce à leurs propriétaires qui leur auront donné vie en les occupant, enfin, Songon-Ville nouvelle sera peut-être « plus grande que le Plateau et sera aussi belle que la Riviera Palmeraie », comme le promettait Mamadou Sanogo, alors ministre en charge de la Construction et du Logement, le 24 avril 2015, à l’occasion d’une visite de chantiers.

Mais avant, il faudra apporter l’eau courante et l’électricité, régler le problème des fosses septiques et autres infrastructures primaires et secondaires.

Pour l’heure, seules quelques petites communautés d’habitants existent. Ces personnes qui font figure de pionnières ont bravé la crainte de l’isolement, l’absence d’eau courante et d’électricité pour s’installer dans ce temple du grand silence et des ténèbres. De tranquillité aussi. Car on y respire pour le moment de l’air moins pollué. Il n’y a pas non plus de maquis et autres débits de boissons avec leurs lots de pollution sonore. C’est le calme ici. Pas de Songon-Ville nouvelle by night donc.

A écouter certains habitants, on veut la rupture ici. C’est le cas de ceux de la cité Venus. Ces derniers qui estiment qu’ils ont le plus beau quartier voudraient faire figure d’exemple. Leur syndic fait des pieds et des mains pour que les habitants fassent preuve de responsabilité dans leur comportement de tous les jours en vue de la préservation d’un cadre de vie sain.

« Nous ne voulons pas de l’esprit Sicogi ici. C’est-à-dire le comportement des habitants des quartiers Sicogi marqué par une rébellion permanente vis-à-vis des mesures de gestion de la copropriété », déclare le président du Syndic, Traoré Habdoul Karim.

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Une affaire d’eau, de courant...

Si nombre d’acquéreurs des logements de Songon-nouvelle ville ne les ont pas encore intégrés, c’est à cause de l’absence d’électricité et surtout de l’eau. Aucun de ceux qui se sont établis ne bénéficie d’adduction en eau potable. C’est la débrouillardise. Seuls les habitants de la cité Nsi-Kan ont de l’eau juste à côté d’eux. Le promoteur immobilier y a réalisé un forage.

Les autres cités habitées, à savoir Venus, Interbat, Oribat et Arc-en-ciel achètent les fûts d’eau auprès de jeunes qui s’approvisionnent dans le forage de Nsi-Kan.

En ce qui concerne l’électricité, les résidents des cités Oribat et Nsi-Kan sont les seuls à avoir le courant dans leurs maisons. D’autres comme la cité Venus sont heureuses de voir l’éclairage public en marche depuis trois semaines. Les habitants attendent maintenant que les différents promoteurs fassent diligence pour qu’ils puissent effectuer les abonnements.

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L’un des gros problèmes reste aussi l’absence de réseaux d’assainissement et de fosses septiques. Toute chose qui rend impossible l’occupation des maisons. D’où les nombreux logements terminés, mais qui restent en souffrance.

S’agissant de la part de l’État, c’est-à-dire les Vrd primaires, l’espoir est revenu chez les habitants et les futurs habitants. L’électricité est là. La plupart des cités sont accessibles grâce aux routes construites – même si certaines ne sont pas achevées. Le grand problème reste l’adduction en eau. La Sodeci est donc l’institution la plus attendue.

C’est dur. Mais les choses commencent à aller comme l’avait promis le ministre en charge de la Construction et du Logement, Bruno Koné. A savoir, faire en sorte que toutes les constructions qui ont connu un début de réalisation à Grand-Bassam, Bingerville, Songon et Yopougon « soient habitables le plus rapidement possible ».

Mi-janvier 2020, il avait annoncé 40 milliards de F Cfa pour les Vrd avec une priorité accordée aux programmes de Songon et de Grand-Bassam.

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Mélancolie et espoir à la cité Venus

Sur la gauche de la belle artère principale qui fend Songon-Ville nouvelle en deux, juste après le rond-point, se trouve perché sur une colline, un ensemble de petites maisons et d’immeubles d’appartements. C’est la cité Venus.

Lasses d’attendre que les commodités primaires soient enfin là, 60 familles qu’on pourrait qualifier de pionnières, ont pris leur courage à deux mains pour rejoindre leurs logements... dans l’obscurité et sans eau.

Le premier à aménager est un jeune homme du nom de Lasme Esso Jacob. Avec sa compagne et ses deux enfants en bas âge, il s’est frayé un chemin dans les broussailles – les routes n’étaient pas encore faites – pour intégrer son logement. Il n’y avait ni eau, ni électricité. Et chaque soir « il fallait faire face à la guerre des moustiques », se souvient-il.

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Deux ans après, il n’y a pas encore d’électricité et d’eau. Ah non... il y a un fait nouveau quand même. Les ruelles de la cité sont désormais éclairées. Le 10 avril dernier, les habitants ont vu la lumière jaillir des lampadaires. Quel bonheur ! « Nous allons avoir enfin le courant... », se sont-ils dit. Mais voilà qu’après plus d’un mois, ils continuent de se débrouiller avec des plaques solaires et des batteries pour éclairer l’intérieur des maisons.

« Ça fait mal d’avoir l’électricité dans le quartier, et ne pas en bénéficier dans nos maisons », observe Traoré Habdoul Karim, président du syndic des habitants de la cité Venus. Le fait est qu’il est impossible de prendre des abonnements tant que le promoteur immobilier, à savoir, Promogim, n’a pas encore réglé la question des attestations Securel (service de contrôle des installations électriques). Une étape importante qui est à sa charge. D’où l’appel instant du syndic pour qu’il se penche en urgence sur le problème.

De l’eau douteuse dans des fûts

Qu’à cela ne tienne, Traoré Habdoul Karim et les membres de son bureau ne tarissent pas de remerciements à l’égard de cette société. Non seulement, elle a mis sous tension les poteaux électriques de la cité, mais aussi, elle avait réalisé, bien avant, les fosses septiques, une nécessité absolue pour la viabilité des habitations.

Il reste maintenant le problème d’adduction d’eau qui demeure entier. Les femmes de la cité Venus regardent leurs époux. Ces derniers, à leur tour, ont le regard mélancolique tourné vers l’Etat. Car le promoteur a aussi réalisé, en la matière, les Vrd secondaires. A savoir, les canalisations d’eau potable. Il faut maintenant l’arrivée de canalisation de la Sodeci. Et cet investissement est du ressort de l’Etat à travers l’Office national de l’eau potable (Onep).

En entendant que cet élément vital soit une réalité, les « Vénusiens » sont obligés d’acheter de l’eau avec des jeunes qui s’approvisionnent dans des puits privés situés dans les environs. « Cela nous coûte les yeux de la tête. Nous achetons le fût de 1000 litres à 3 mille francs. Ce qui fait que les dépenses mensuelles en eau varient entre 40 et 60 mille francs par famille. Pour avoir ce prix, nous avons dû discuter durement. Parce qu’au départ, ils nous vendaient le fût à 5 mille francs », explique le président du syndic, soutenu par les membres de son bureau.

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Traoré et ses co-habitants craignent pour leur santé en consommant cette eau dont la qualité n’est pas garantie. « Nous ne savons pas si les puits ont été réalisés dans le respect des profondeurs adéquates », s’inquiète le président du syndic. Aussi, redoutant les maladies hydriques, nombres d’habitants préfèrent-ils ne boire que de l’eau minérale. Toute chose qui renchérit inévitablement le coût de leur niveau de vie à Songon-Ville nouvelle.

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Epp Dominique Ouattara !!!

Non. Il n’existe pas une école primaire de ce nom à Songon-Nouvelle ville. Il s’agit plutôt d’un vœu des habitants de la cité Venus exprimé à l’endroit des autorités compétentes pour la construction d’une école primaire. Ils veulent une école. Alors ils mettent un accent particulier sur l’appel. C’est tout.

En effet dans cette cité, tout comme dans les autres, des espaces ont été réservés pour les écoles. Mais point d’établissement scolaire pour l’instant. Aussi, compte tenu de ce que la présence d’une telle infrastructure est une nécessité pour les familles présentes et un élément encourageant pour les autres acquéreurs à rejoindre leurs logements, les habitants de la cité Venus supplient-ils donc l’État à construire maintenant la leur. D’où leur appel direct au couple présidentiel.



Le 03/06/20 à 17:47
modifié 03/06/20 à 17:47

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