Fistule obstétricale: La Côte d’Ivoire enregistre 250 nouveaux cas chaque année

Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Eugène Aka Aouélé. (DR)
Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Eugène Aka Aouélé. (DR)
Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Eugène Aka Aouélé. (DR)

Fistule obstétricale: La Côte d’Ivoire enregistre 250 nouveaux cas chaque année

Le 26/05/20 à 18:00
modifié 26/05/20 à 18:00
La Côte d’Ivoire, à l’instar de tous les États du monde, a célébré, le samedi 23 mai, la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale (Jifo). Dans un message lu à la nation, à cette occasion, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Eugène Aka Aouélé, a fait savoir que la fistule obstétricale est un véritable problème de santé publique. « Sa prévalence dans notre pays est de 2,5% (enquête Mics 2016). L’on dénombre plus de 135 000 malades avec plus de 250 nouveaux cas chaque année », a révélé l’autorité sanitaire.

La Jifo est célébrée cette année dans un contexte particulier dominé par la pandémie de coronavirus. Le thème de l’édition 2020, « Mettre fin aux inégalités entre les sexes, mettre fin aux inégalités en matière de santé, mettre fin maintenant à la fistule », épouse parfaitement l’engagement du Président de la République, Alassane Ouattara, de renforcer le système de santé ivoirien et de faciliter l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive de qualité à toutes les femmes et surtout aux adolescentes et aux jeunes.

Aka Aouélé a indiqué que les facteurs favorisant l’apparition de la fistule chez la femme sont, entre autres, le non-respect du calendrier des consultations prénatales, les accouchements à domicile, l’excision, les mariages précoces et la faible utilisation des services de planification familiale. « Les femmes qui présentent une fistule obstétricale souffrent d’une incontinence urinaire permanente. Elles ressentent de la honte et bien souvent, elles sont rejetées par leurs pairs et leurs proches parents. Cette affection entraîne également, à long terme, des problèmes médicaux chroniques tels que des infections cutanées, des troubles rénaux, voire le décès en l’absence de traitement », a également souligné le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique.

Il a cependant tenu à assurer que ces dernières années, des progrès considérables ont été accomplis en matière de lutte contre les fistules obstétricales en Côte d’Ivoire. « Depuis que le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique et ses partenaires (le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) et l’Agence coréenne de coopération internationale (Koica) ont lancé, en 2012, le Projet prévention et prise en charge des fistules obstétricales, deux phases ont été déjà réalisées de 2012 à ce jour », a noté Aka Aouélé. Ces projets ont produit les résultats suivants : 3385 femmes et filles ont bénéficié d’un traitement réparateur avec taux de succès global de 85%, huit centres de prise en charge gratuite des fistules obstétricales sont ouverts et sont fonctionnels à Man, Bouaké, Korhogo, Bouna, Séguéla, Bondoukou, Gagnoa et San Pedro; 711 ex-porteuses de fistule obstétricale ont bénéficié de financements pour réaliser des activités génératrices de revenus et 98 médecins sont formés pour traiter en routine les cas simples de fistule obstétricale.

Pour consolider ces acquis, il est mis en œuvre la troisième phase du projet d’un montant global de plus de 6 milliards de FCfa (10 690 000 Usd), qui s’étend de 2020 à 2023, avec l’appui de Koica à travers l’Unfpa. Un accent particulier est mis dorénavant sur la prévention et la prise en charge gratuite des cas simples de fistule obstétricale en routine dans les Centres hospitaliers régionaux (Chr) et les Hôpitaux généraux (Hg).

Le 26/05/20 à 18:00
modifié 26/05/20 à 18:00