Dr Famoussa Coulibaly (Député, proche de Mabri Toikeusse) : « Nous sommes totalement et entièrement pour Amadou Gon Coulibaly »

Dr Famoussa Coulibaly, président de la Commission parlementaire de la Recherche, de la science, de la technologie et de l’environnement, et également directeur exécutif adjoint du Rhdp
Dr Famoussa Coulibaly, président de la Commission parlementaire de la Recherche, de la science, de la technologie et de l’environnement, et également directeur exécutif adjoint du Rhdp
Dr Famoussa Coulibaly, président de la Commission parlementaire de la Recherche, de la science, de la technologie et de l’environnement, et également directeur exécutif adjoint du Rhdp

Dr Famoussa Coulibaly (Député, proche de Mabri Toikeusse) : « Nous sommes totalement et entièrement pour Amadou Gon Coulibaly »

Le 22/05/20 à 16:21
modifié 22/05/20 à 16:21
Le député de Divo commune, le Dr Famoussa Coulibaly, président de la Commission parlementaire de la Recherche, de la science, de la technologie et de l’environnement, et également directeur exécutif adjoint du Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), a accepté de nous accorder cet entretien dans lequel il nous parle de son soutien à la candidature du Premier ministre Gon Coulibaly pour la présidentielle d’octobre 2020.

Honorable, est-ce la peur de perdre les privilèges liés à vos fonctions après que votre mentor a été sorti du gouvernement qui vous pousse à répondre enfin à notre sollicitation d’interview ?

Bien sûr que non. Et d’ailleurs de quels privilèges parlez-vous ? Je ne suis pas membre d’un cabinet ministériel et je n’ai pas non plus un poste de nomination dans l’administration. Je suis enseignant-chercheur, député élu de la commune de Divo, président de commission parlementaire, donc je suis à mon poste. Je me considère comme un soldat au service du peuple et quand on a fait le choix de servir la population, on le fait avec dévouement et non pour des privilèges. Si tel n’avait pas été le cas, je me serai plutôt exprimé avant le dernier remaniement car les occasions de le faire n’ont pas manqué. C’est juste que je trouve ce moment opportun pour répondre à votre sollicitation.

Depuis la désignation du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly comme candidat du RHDP à l’élection présidentielle de 2020, on entend beaucoup de notes discordantes au niveau de l’UDPCI. Tantôt on apprend que le ministre Mabri est décidé à se porter candidat à cette élection présidentielle, tantôt on nous dit qu’il prend acte de la candidature du Premier ministre Gon Coulibaly. Pourriez-vous éclairer notre lanterne ?

D’emblée je voudrais souligner que nous sommes entièrement et totalement au RHDP et cela a du sens sur l’échiquier politique ivoirien. L’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire, c’est connu, est membre –fondateur du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix et à ce titre, nous considérons le RHDP comme une œuvre commune. Aujourd’hui, avec et dans le RHDP, nous avons un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale tout comme au Sénat. Nous avons un bureau politique, un conseil politique, une direction exécutive, un conseil national et nous avons également des coordinations régionales et départementales. Bref, nous avons des sections et des comités de base, et nous travaillons en synergie avec les autres membres de notre famille politique à classer la Côte d’Ivoire parmi les meilleurs pays.

Cela dit, je voudrais rappeler que lors du deuxième congrès ordinaire de l’UDPCI en décembre 2013, nous étions convenus que l’UDPCI soutienne pour l’échéance présidentielle de 2015 la candidature unique de SEM Alassane Ouattara pour un second mandat, et qu’après nous présenterions la candidature du président Mabri pour la présidentielle de 2020.

Cependant, le 12 mai 2018, lors de notre congrès extraordinaire d’adhésion à la mouture actuelle du RHDP, la décision de présentation d’une candidature de l’UDPCI à la présidentielle de 2020 s’est muée en une proposition ou offre de candidature au sein du RHDP et du choix du meilleur candidat pour représenter notre famille politique à la présidentielle de 2020. Comme vous le savez, cette famille politique, en l’occurrence le RHDP, est régie par des textes et les questions électorales et autres relèvent des prérogatives de ses plus hautes instances dans le cadre de la mutualisation de nos différents partis politiques d’origine. Cela signifie que notre offre restait d’actualité dans l’esprit bien compris du RHDP et du choix du meilleur candidat tant que les instances du RHDP ne s’étaient pas exprimées sur la question.

Or, depuis le Conseil politique du RHDP qui a désigné le Premier ministre Gon Coulibaly comme notre candidat, notre chef à tous, le Président Ouattara, nous a clairement dit que le Premier ministre Gon Coulibaly est certes le candidat choisi mais qu’il est en fait le capitaine d’une équipe qui devra travailler pour faire gagner le RHDP à la présidentielle de 2020.

Oui mais Honorable, nous avons tous vu un Mabri contrarié comme si on l’avait mis devant un piège politique savamment orchestré. Il a été le seul dans cette immense salle à refuser de se lever pour adouber le choix du candidat Gon Coulibaly par le RHDP...

En effet le président Mabri a observé des réserves tout en disant que les fils d’Houphouët doivent travailler à consolider notre union. Et c’est justement dans cette perspective que plusieurs cadres de l’UDPCI, en l’occurrence le ministre Tchagba, la vice-présidente Mahi Clarisse, pour ne citer que ceux-là et des notables, et non les moindres du RHDP, ont également travaillé à raccorder les divergences. De même, des personnalités de la société civile dont feu le Guide suprême de la communauté musulmane, le Cheick Boikary Fofana qui nous a quitté le dimanche 17 mai dernier, ont fait des missions de bons offices pour rapprocher les positions qui, ma foi, n’étaient pas diamétralement opposées. Cela a abouti, après plusieurs rencontres, à la réunion du 02 mai 2020 présidée par le président Mabri et au terme de laquelle nous avons rédigé une déclaration qui dit clairement que nous avons pris acte de la candidature du Premier ministre Gon Coulibaly pour le compte de notre famille politique. Je pense que toutes ces initiatives ont permis de préserver la cohésion et ramener la quiétude au sein de notre famille commune. Car comme le disait le Président Houphouët-Boigny, il n’y a pas de sacrifice de trop en ce qui concerne la préservation de la paix. Le dialogue est l’arme des hommes forts. Le Président Ouattara, en digne héritier, a su toujours faire preuve de grandeur dans les moments difficiles pour privilégier le dialogue, la patience et le pardon pour ramener la paix tant dans notre pays qu’au sein de sa famille politique qui est le RHDP. Nous sommes donc dans cette dynamique et nous travaillons à l’union sacrée autour de notre candidat.

Pourquoi pensez-vous que le Premier ministre a le meilleur profil pour être le prochain président de la Côte d’Ivoire ?

Il n’y a qu’à voir les bonds prodigieux faits par notre pays pour s’en convaincre ! Car si le maître-d ’ouvrage est le Président Alassane Ouattara, le maître-d ’œuvre qui a su conduire son équipe pour avoir ces résultats probants est bien le Premier ministre Gon Coulibaly. C’est l’homme qu’il faut. Un grand travailleur pétri d’un sens élevé du devoir. Un homme épris d’humilité et d’un commerce facile comme j’ai pu en faire moi-même l’expérience. Lors du Conseil politique qui a décidé de sa candidature, nous avons tous entendu les témoignages fort élogieux de ses collègues et le Président Ouattara lui-même a souligné son abnégation et sa loyauté à toute épreuve.

Le Premier ministre Gon Coulibaly a une grande capacité d’écoute et c’est un homme de dossiers qui maîtrise son sujet. Cela dit, je crois personnellement que Dieu choisit qui il veut pour en faire un chef ici-bas ; et je pense que la candidature du Premier ministre est à inscrire dans cette donne. Il me souvient un témoignage que j’ai reçu de l’un de ses anciens éducateurs du lycée de Dabou sur une élection au poste de président du MEECI pour lequel le Premier ministre, alors élève, n’était même pas candidat. C’est pourtant lui qui fut choisi pour sa discipline, ses performances scolaires, et son grand respect du règlement intérieur de l’école. L’administration, m’a dit papa Aphanou, a suscité sa candidature qui fut du reste accueilli avec un grand soulagement par ses condisciples. Bien évidemment il fut plébiscité. Aujourd’hui encore, je crois que son choix se fera destinal pour le bien de la Côte d’Ivoire qu’il a déjà honorablement servi à de nombreux postes de responsabilités.

Par vos nombreuses tergiversations, vous-même avez été mis en congés de vos fonctions de coordonnateur associé du RHDP de la région du Loh-Djiboua. Alors, vous parlez en quelle qualité ?

(Rires)Tergiversations, dites-vous ? J’ai toujours travaillé avec mes collaborateurs dans le cadre du RHDP. Depuis environ un an nous travaillons à consolider les bases du RHDP et bien évidemment je vous parle en ma qualité de député RHDP de Divo, de coordonnateur associé, de directeur exécutif adjoint du RHDP nommé par le Président de notre parti, SEM Alassane Ouattara, pardi ! Voyez-vous, les effets de manche tout comme les polémiques improductives, ne sont pas mon fort ! Je voudrais simplement dire à ceux qui comptent susciter la division interne pour en faire une stratégie de conquête qu’ils perdent leur temps. Et leur énergie d’ailleurs ! Ce qui m’importe aujourd’hui c’est comment faire pour que le candidat du RHDP, le Premier ministre Gon Coulibaly soit élu dès le premier tour de la présidentielle d’octobre prochain. Avec mon équipe, nous travaillons à ce que le Lôh-Djiboua, région à fort potentiel électoral où nous avons encore à rallier des électeurs, portent massivement leur choix sur notre candidat. Nous travaillons donc à la cohésion et à la mutualisation des efforts pour que le RHDP soit fier des scores de son candidat dans cette région.

Du reste, mon engagement pour le RHDP ne date pas d’aujourd’hui. Dans ces mêmes colonnes, et après ce qui a été convenu d’appeler la crise postélectorale ivoirienne, j’avais écrit un texte en 2011 pour justement appeler les héritiers d’Houphouët-Boigny à fonder une famille politique dans laquelle tous se retrouveraient. Aujourd’hui c’est chose faite et je m’en félicite.

Nous allons vers une scission du l’UDPCI entre pro-Mabri et pro-Gon Coulibaly...

Je ne partage pas votre point de vue, car comment parler de scission alors que nous sommes tous unis et bien rassemblés au sein du RHDP ? Vous savez, nous sommes plutôt des pro-Côte d’Ivoire. Il faudrait que l’on comprenne bien que ce qui fait la vitalité des débats en démocratie, c’est qu’il y ait justement ces débats qui non seulement sont un indicateur de la tonicité de la démocratie mais en plus permettent à chacun d’argumenter son point de vue. En définitive, ces débats ne perturbent aucunement les observateurs avertis.

Quelles sont les chances du RHDP dans la bataille de l’Ouest au cas où Toikeusse Mabri est candidat ?

Je n’ai pas connaissance de ce que le président Mabri soit candidat à l’élection présidentielle de 2020. Il ne m’a pas fait cas, à ce jour, de ce projet. Le président Mabri, 2e vice-président du RHDP a bien présidé la rencontre ayant abouti à la déclaration du 02 mai 2020 qui réaffirme l’appartenance de l’UDPCI au RHDP et qui prend acte de la candidature du Premier ministre Gon Coulibaly. Le président Mabri, je puis vous en assurer, voue un profond respect au Chef de l’État et je voudrais convoquer la rencontre qui eut lieu à Gouéssésso, entre feu le Général Guéi et le Président Ouattara avec comme témoins le président Mabri et le Premier ministre Gon Coulibaly. Les deux hommes se connaissent bien et s’apprécient tout autant. Ajouté à cela, l’alliance forte qui existe entre Dan et Sénoufo devrait nous éviter de fissurer le RHDP et je pense que la politique doit se nourrir de ces valeurs entre peuples alliés. Je m’abstiendrais donc de tout commentaire sur une quelconque velléité de candidature.

Quel est l’état actuel de vos relations avec votre mentor le Dr Abdallah Albert Toikeusse Mabri ?

Vous l’avez dit, mon mentor ! Nos relations se portent aussi bien que peuvent être les liens entre un père et un fils, entre un maître et son élève. Je n’ai jamais fait de mystère sur mon soutien à la candidature du Premier ministre Gon Coulibaly après le Conseil politique du RHDP. Le président Mabri avec qui j’ai des rapports de grande sincérité connait cette position depuis lors, ce soutien devrais-je dire.

Pour ce qui me concerne, je pense que la fidélité et la loyauté doivent se nourrir de vérité et de sincérité. À maintes reprises, j’ai donné ma position et clairement dit que nous devons soutenir notre candidat qui est le Premier ministre Gon Coulibaly. Mieux, nous engager à faire campagne pour qu’il l’emporte dès le premier tour, et cela de façon éclatante. Je ne crois pas que cela entache ma relation quasi-filiale avec le président Mabri.

BLEDSON MATHIEU


Le 22/05/20 à 16:21
modifié 22/05/20 à 16:21

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