Reprise des cours : l’OPEECI propose la mise en vacances les élèves des classes intermédiaires

Aka Kadio, Président de l’Organisation des Parents d’Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire (OPEECI). (DR)
Aka Kadio, Président de l’Organisation des Parents d’Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire (OPEECI). (DR)
Aka Kadio, Président de l’Organisation des Parents d’Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire (OPEECI). (DR)

Reprise des cours : l’OPEECI propose la mise en vacances les élèves des classes intermédiaires

Le 14/05/20 à 12:34
modifié 14/05/20 à 12:34
Fin décembre 2019, les autorités de santé publique chinoise ont signalé plusieurs cas de syndrome respiratoire aigu dans la ville de Wuhan en Chine. Les scientifiques chinois ont rapidement identifie un nouveau coronavirus comme principal agent causal. Il s’agit d’une nouvelle souche de coronavirus qui n’a pas été auparavant chez l'homme. Le virus responsable est appelé coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SARS-cov7-2) et la maladie est dénommée coronavirus 2019 (COVID-19).

L’épidémie initiale à Wuhan s’est propagée rapidement affectant d’autres parties de la chine. Des cas ont rapidement été détectés dans plusieurs autres pays. Des flambées et des grappes de la maladie ont depuis été observées en Asie ; en Australie en Afrique et dans les Amériques. Le covid-19 est devenu une pandémie avec plus de 200 000 cas confirmés avec plus de 10.000 décès enregistrés au 20 mars 2020.

1-DE LA SITUATION EN CÔTE D’IVOIRE

En Afrique, à la date du 20 mars 2020, l’on recense plus de 700 cas dans une trentaine de pays (31) dont la Côte d’Ivoire. Ici, le 25 janvier 2020, déjà, le premier diagnostic effectué chez un cas suspect d’infection à Coronavirus, une étudiante de 34 ans en provenance de la Chine, s’était révélé négatif.

Faisant suite à l’alerte mondiale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) demandant à tous les pays d’activer les Centres des Opérations d’Urgence en Santé Publique (COUSP), le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Public active le 31 décembre 2019 son COUSP avec la mise en place d’un Comité de crise afin de mieux gérer le risque de contamination et de propagation de la maladie. Dans ce cadre, le COUSP a élaboré un plan d’urgence qui est en cours d’exécution.

Le mercredi 11 Mars 2020, la Côte d’Ivoire a enregistré le premier cas de Coronavirus. Il s’agit d’un homme de 45 ans de nationalité ivoirienne ayant séjourné en Italie. Ce dernier a été pris en charge par le Service des Maladies Infectieuses et Tropicales (SMIT).

Le contexte étant situé le gouvernement de Côte d’Ivoire a pris des mesures en 13 points pour lutter contre la contamination et la propagation de la pandémie sur le territoire national.

Kandia Camara, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement technique et de la formation professionnelle. (DR)



2- DE LA FERMETURE DES ECOLES

Dans la stratégie mise en place par le gouvernement ivoirien, le point 4 concerne tous les établissements d’enseignement préscolaires, primaires, secondaires et supérieurs qui ont été fermés à compter du 17 Mars 2020. Depuis cette date, les enfants sont restés confinés à la maison, ne sachant a quand la réouverture des écoles et la poursuite des cours.

Le Ministre de l’Éducation Nationale de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle a pris sur elle l’engagement, de façon unilatérale, d’initier des cours à distance à travers la télévision nationale, la radio et en ligne. Une opération qui a pour slogan «Classe fermées, cahiers ouverts ». Cette initiative bien que louable, ne fait pas encore l’unanimité au sein des apprenants dispersés à travers la Côte d’ivoire, suite au mouvement des familles qui ont dû regagner l’intérieur du pays avec leurs enfants.

Ainsi, par manque ou limite des moyens de communication et des outils informatiques pas accessible à tous en Côte d’Ivoire, force est de relever que de nombreux enfants n’ont pas pu suivre les cours. Beaucoup parmi eux avaient rejoint leurs parents dans des villages privés d électricités, loin des villes. Le caractère inclusif qui devait sous-tendre cette formation fait cruellement défaut aussi bien que la qualité clamée par l’ODD 4.



3-DE LA REOUVERTURE DES ECOLES

Depuis le 07 mai 2020, suite à une réunion du Conseil de sécurité, le Président de la république, SEM. Alassane Ouattara a fait une déclaration pour revoir sa position sur les mesures antérieurement prises au regard de la gestion du Covid-19. Ainsi donc en ce qui nous concerne, la réouverture des écoles a été annoncée. Des modalités pratiques pour la mise en œuvre ont été annoncées par Mme la Ministre de l’Éducation Nationale.

Nous constatons avec regret que notre Organisation des parents d’élèves et étudiants n’a été associée à aucune de ces grandes décisions qui concernent pourtant l’école. Ainsi, en ce qui nous concerne, cette réouverture annoncée et amorcée appelle les constats suivants :

A. Au niveau des élèves

En Côte d’Ivoire, par manque d’infrastructures scolaires, nos effectifs sont pléthoriques. Les mesures de distanciation humaine risquent d être difficilement applicables, eu égard au caractère assez turbulent de nos enfants en général. Le risque de contamination est grand et cela nous inquiète à plus d’un titre.

Sur le terrain, le nombre des cas confirmés va crescendo, le nombre de décès, de 1 est passé désormais a 21. Tous les jours de nouveaux cas de contamination sont signalés. La situation n’est donc pas encore maitrisée à la volonté du peuple.

Si à l’intérieur du pays la situation semble maitrisée, ce n’est pas le cas pour le grand Abidjan. Et vu le nombre important des apprenants et leurs encadreurs les mesures d’accompagnement telles que les gels, les cache-nez, les sceaux, les masques pourraient constituer des obstacles à lever.

B. Au niveau du personnel enseignant

Au niveau des enseignants, du personnel administratif et des élèves, des mesures de sécurité corsées doivent être prises pour assurer leur protection sanitaire. Des contrôles réguliers durant toute la durée des cours, avec les outils de détections au niveau de toutes les écoles et classes de Côte d’Ivoire à l’instar du corps médical, s’imposent de façon rigoureuse.

Des primes d’encouragement permettant aux enseignants et aux personnels administratif, de se prendre en charge en cas de difficulté doivent être prévues. Car à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.

Ces primes dont nous parlons ne sauraient occulter le problème antérieure et urgent des 300 enseignants dont les salaires ont été suspendus et non encore reversé jusqu’à ce jour, pour fait de grève en janvier et février 2019. Nous estimons qu’il ne sert à rien d’en rajouter aux effets néfastes et nuisibles de la Covid-19 par le maintien trop prolongé de cet argent, fruit du travail fait en bonne et due forme. Nous appelons donc le Ministère de tutelle à bien vouloir exécuter l’action « de in rem verso » en leur faveur, pour le maintien de la paix et de sérénité dans le milieu scolaire.



4-NOS REMERCIEMENTS

Au regard de ce qui précède, l’Organisation des Parents d’Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire (OPEECI), félicite et encourage le gouvernement et tous ceux qui ont pris à bras le corps la gestion de cette grave pandémie venue désorganiser la bonne marche du pays.

Nous pensons notamment à Mr le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique et tout le corps médical, les différentes forces de défense et de sécurité qui bravant de nombreux obstacles ont permis que l’ordre soit rétabli nonobstant le risque de contamination. Les préfets de région, les sous-préfets, les chefs des villages qui sensibilisent les différentes populations pour freiner l’évolution de cette sale maladie.

Grâce à leurs efforts concertés, nous sommes en train, progressivement, de franchir quelques pas, allant vers cette embellie que le peuple appelle de tous ses vœux.

5-NOS RECOMMANDATIONS

Suite au diagnostic ci-dessus, souffrez cependant que nous fassions quelques recommandations sur la réouverture des écoles.

1.L’Organisation des Parents d’Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire (OPEECI) demande aux pouvoirs publics de régler les problèmes que nous vivons, selon nos réalités propres en fonction des contingences qui nous caractérisent, en évitant de calquer sur les autre pays, notamment la France qui, durant ce processus, s’est présentée comme notre boussole.

2. Entre la France qui est un pays développé avec les moyens que nous avons pu voir et la Côte d’Ivoire qui est un pays émergent avec toutes les insuffisances que nous connaissons, il ne saurait y avoir de commune mesure. Chaque pays a ses spécificités propres ses forces et ses faiblesse. Or, nous avons beaucoup de faiblesses, donc il nous semble important, en toute circonstance, que nous allions à notre rythme, en tenant compte de nos véritables réalités et valeurs. Nous restons convaincus qu’ainsi, nous arriverons à résoudre nos problèmes de façon satisfaisante et nous resterons en phase avec la population.

3. L’OPEECI souhaite un temps d’observations allant jusqu’à la fin du mois de MAI, pour éviter une rentrée à double vitesse.

4. Compte tenu de nos effectifs pléthoriques, il serait souhaitable de libérer carrément et mettre en vacance les élèves des classes intermédiaires. À cet effet, ils seront évalués avec les moyennes obtenues aux deux trimestres précédents. Ainsi, l’on pourra opérer une organisation judicieuse pour tous nos candidats aux examens à grand tirage, quitte à redémarrer l’année scolaire 2020-2021 par une bonne période de révision de mise à niveau.

5. Considérant que les cours télévisés, radiophoniques et en ligne, initiés par Madame la Ministre de l’Éducation nationale de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, n’a pas l’engouement et le résultat escompté, une bonne sensibilisation doit se faire pour rallier les élèves et leur parents à cette cause.

Selon les rapports de nos bases sur l’étendue du territoire, et aussi sur la base des différentes informations reçues de la part de nombreux parents d élèves, les cours ne sont pas suivis ni assimilés comme il se doit.

6. Poursuivre donc la sensibilisation afin que ces cours puissent combler un tant soit peu, le vide laissé par l’arrêt précipité et involontaire des cours ordinaires pour les élèves des classe intermédiaires.

7. L’OPEECI invite encore une fois les pouvoirs publics a envisager la résolution des problèmes des enseignants qui demeurent encore pendant pour l’achèvement en beauté de cette année scolaire rendue suffisamment pénible pour tous. Car, c’est à l’occasion des grandes crises qu’on mesure la valeur des grandes Nations.

Nous pensons que pour la circonstance, si le problème le plus urgent, à savoir celui ayant un caractère alimentaire pour la survie des 300 enseignants dont les salaires sont suspendus, peut être solutionnée, nous gagnerons tous. Nous y attachons du prix.

C’est un véritable cri du cœur et un sincère plaidoyer que nous, Parents d’élèves et étudiants, faisons pour apaiser le climat du système scolaire. Loin de nous l’idée de soutenir l’insoutenable, mais juste aider à reconsidérer les positions, pour une meilleure ambiance dans le milieu scolaire.



CONCLUSION

L’école est notre bien commun et trop précieux pour chacun de nous. C’est pourquoi son fonctionnement doit retenir toute notre attention. Et nous obliger à consentir des efforts constants dans une solidarité agissante.

Tous, unis et solidaires autour de cette école, avec une farouche volonté et une détermination à tous égards de la faire avancer, nous y arriverons assurément.

Le Président de l'OPEECI

AKA KADIO



Le 14/05/20 à 12:34
modifié 14/05/20 à 12:34

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