Bin-Houyé: Suspecté à tort d'être responsable de la disparition du sexe d'une jeune fille, il se fait lyncher

La foule a lynché un homme soupçonné d'avoir fait disparaître le sexe d'une élève à Bin-Houyé. (DR)
La foule a lynché un homme soupçonné d'avoir fait disparaître le sexe d'une élève à Bin-Houyé. (DR)
La foule a lynché un homme soupçonné d'avoir fait disparaître le sexe d'une élève à Bin-Houyé. (DR)

Bin-Houyé: Suspecté à tort d'être responsable de la disparition du sexe d'une jeune fille, il se fait lyncher

Le 11/02/20 à 18:33
modifié 11/02/20 à 18:33
Un homme suspecté à tort d'être responsable de la disparition du sexe d'une jeune fille, élève dans un établissement de Bin-Houyé, est mort vendredi, lynché par une foule en colère composée essentiellement d'élèves.

Connu sous le nom de Traoré, de nationalité ivoirienne et originaire de Ouangolodougou, selon des témoins, l'homme a été violemment pris à partie par des élèves sur la base d'une fausse rumeur de disparition de sexe. Ils prétendaient qu'il a fait disparaître le sexe d'une élève et qu'il transportait des gris-gris dans son sac. Et ce, malgré le démenti du médecin et de la sage-femme qui n'ont pas constaté de disparition de sexe à l'issue de la consultation de la jeune élève.

« Le médecin a dit aux manifestants en colère que la jeune fille se portait bien. Malgré cela, les enfants en grand nombre ont lynché un innocent qui refusait d'ouvrir son sac. C'est vraiment triste », regrette un fonctionnaire qui a assisté à la scène.

Un affrontement intercommunautaire évité de justesse

L'annonce de la mort de cet innocent a créé des tensions dans la commune entre des communautés. Face à cette situation et pour ramener le calme, le député de Bin-Houyé, Danin Magloire, a réuni les chefs traditionnels et de communautés pour trouver une solution de façon traditionnelle (selon l'alliance entre les peuples Yacouba et Sénoufo).

« Perdre une vie humaine de cette manière est abominable. Je suis sous le choc. C'est une situation qui nous touche profondément. C'est Bin-Houyé qui est en deuil », a déclaré Danin Magloire qui avait à ses côtés le maire André Narcisse Meman et le sous-préfet Tapé Laba.

Le président de la communauté sénoufo, M. Koné, a accepté le pardon de ses alliés Yacouba. Toutefois, il a demandé aux jeunes d'être responsables. Il les a invités à donner dos à la violence et toujours se référer aux autorités administratives. Il a salué l'intervention des élus qui a permis d’éviter le pire.

La brigade de gendarmerie de Zouan-Hounien a ouvert une enquête pour rechercher les auteurs des folles rumeurs et les interpeller, et surtout mettre le grappin sur les assassins de M. Traoré.


Le 11/02/20 à 18:33
modifié 11/02/20 à 18:33

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