Mes vérités : Bavardage politique

Guillaume Soro
Guillaume Soro
Guillaume Soro

Mes vérités : Bavardage politique

Blablabla blablabla et blablabla.... C’est la fête foraine pour certains leaders politiques de l’opposition. Ils sont dans une grande foire fouille où se mêlent désordre et bruit. Ils sont en plein bavardage, avec le verbiage creux qui va avec.

Tenez, il y en a un qui, avec son Global positioning system (Gps), géo-positionnement par satellite, cherche toujours son chemin. Nous avions dit dans cette même lucarne qu’il ferait des révélations fracassantes. Et cela n’a pas manqué. Rassurez-vous, il n’est pas prêt d’arrêter. Après avoir assumé la rébellion dans un livre témoignage, il s’est soudainement souvenu, depuis qu’il a cédé le tabouret de l’Assemblée nationale, qu’il y avait quelqu’un d’autre derrière. Il s’est aussi souvenu des promesses, selon lui, du Président Ouattara. Lors de sa dernière sortie, il déclarait ceci : ‘’ M. Ouattara m’a fait 3 promesses devant Blaise Compaoré, ensuite devant un guide religieux, si je venais à le faire Président. Il devait me reconduire comme Premier ministre jusqu’en 2015. Il n’a pas tenu. Il devait me faire n°2 du Rdr. D’ailleurs, le poste de vice-Président créé en 2008 m’était réservé. Il n’a pas tenu. Il devait faire ses deux mandats et me soutenir comme Président après ses deux mandats. Il n’a pas tenu.’’ Malgré toutes ces promesses non tenues, ce qui n’est pas loin du masochisme, il a continué à marcher dans les sillons tracés par ce même Alassane Ouattara. Il a continué à jouir des ors de la République. A moins d’être maso, nous ne comprenons pas pourquoi il a accepté de souffrir un tel martyre.

Un autre, depuis qu’il a été reçu à Bruxelles, a décidé d’abandonner l’attitude modérée des ‘’affidés’’ pour se lancer dans l’extrémisme des ‘’Gbagbo ou rien’’. On l’entend crier partout : ‘’Il faut une autre Cei. On n’ira pas aux élections sans cette Commission électorale indépendante’’ On le comprend, il est à la recherche de la légitimité des militants du Front populaire ivoirien qui, pour la plupart, sont restés scotchés à leur leader historique. Mais ce qu’il doit savoir, c’est qu’il est totalement libre de ne pas aller à la présidentielle de 2020. Il sait très bien comment la Cei, sur recommandation de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, a été rajustée. Il sait aussi les efforts consentis par tous ceux qui ont accepté de s’asseoir autour de la table, vu qu’il y avait des représentants. Il sait aussi que ses préoccupations ont été prises en compte. Deux thèses s’affrontaient. D’un côté, on avait les tenants d’une Cei exclusivement aux mains de la société civile. De l’autre, ceux qui ne voulaient pas que les partis politiques soient mis hors de l’institution chargée d’organiser les élections. Lui était de ce camp. Finalement, c’est cette option qui a été retenue dans un équilibre entre les politiques et la société civile. Son représentant est aujourd’hui l’un des vice-présidents de la Cei. Il a également des représentants à la tête de commissions locales. S’il veut se jeter dans l’extrémisme et ne pas prendre part à la présidentielle d’octobre, libre à lui. Mais le processus électoral se poursuivra. Il n’y aura plus de débat sur la Cei. Nous sommes aujourd’hui à l’étape des échanges sur le code électoral. Après l’ouverture officielle des négociations, les travaux se poursuivent en comité restreint. En février, tout sera bouclé et l’on passera à la révision de la liste électorale. Tout se fera dans l’orthodoxie des textes qui régissent la Côte d’Ivoire.Un autre encore se croyait ingénieux. Il avait, pensait-il, eu une idée lumineuse. Utiliser l’église comme paravent. Il a appelé ses militants à prendre part à la marche qu’avait voulu organiser le clergé catholique. Cette marche qui devrait se faire en prière avec des stations, comme celle de Jésus vers Golgotha, avait pour objet d’adresser des supplications à Dieu pour qu’il nous épargne une crise post-électorale. Mais depuis que cette marche a été reconvertie en prière, on ne l’a pas entendu demander à ses militants de se joindre aux catholiques pour la prière à la paix. Après avoir surfé sur la nationalité, il a voulu surfer sur la religion. Mais dans nos partis en Côte d’Ivoire, il y a un melting-pot d’ethnies et de religions. Nous saluons, au passage, le clergé qui a revu sa copie. Si de nombreuses personnes ont dénoncé cette marche, il faut que le clergé sache que leur suspicion était légitime. Que nos évêques relisent le message de Korhogo, ils y verront des termes qui donnent l’impression de mettre un camp au banc des accusés. Dans un tel contexte, on comprend la réaction de ceux qui étaient contre cette marche. Cela ne veut pas dire qu’ils sont des antéchrists, comme a voulu faire croire un observateur du Landerneau politique ivoirien. Arrêtons tous ces bavardages, le pays ne s’en portera que mieux.