Les défis qui attendent Abdelmadjid Tebboune, élu président

Le nouveau président de l'Algérie, élu au premier tour avec plus de 58 % des voix (Ph: DR)
Le nouveau président de l'Algérie, élu au premier tour avec plus de 58 % des voix (Ph: DR)
Le nouveau président de l'Algérie, élu au premier tour avec plus de 58 % des voix (Ph: DR)

Les défis qui attendent Abdelmadjid Tebboune, élu président

L’ancien Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, 73 ans, a été élu président de la République au premier tour de l’élection présidentielle qui s’est déroulée le jeudi 12 décembre. Les premiers résultats du scrutin – qui doivent être confirmés cette semaine par le Conseil constitutionnel – le donnent largement vainqueur avec 58,14 % des suffrages, soit près de 5 millions de voix sur les 24 millions d’électeurs inscrits. Il succède ainsi à Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis avril 1999 et qui avait été contraint à la démission en avril dernier après une révolution qui a démarré en février pour contester sa candidature à un cinquième mandat. Premier scrutin après cette révolution pacifique qui jette encore chaque semaine des centaines de milliers de manifestants dans la rue, la présidentielle s’est déroulée dans un climat extrêmement tendu. Jeudi, des milliers de personnes ont manifesté dans la capitale, ainsi que dans d’autres villes du pays, pour s’opposer à cette élection et exiger à nouveau la fin du système. Des troubles ont été enregistrés dans certaines villes de Kabylie, cette région rebelle et frondeuse où la population a massivement boycotté le scrutin. Le taux d’abstention record, le plus important de toutes les présidentielles que l’Algérie a connu depuis l’ouverture démocratique de 1989, souligne à juste titre l’ampleur du rejet ou de l’indifférence des Algériens pour ce rendez-vous électoral. La contestation populaire ne devrait pas faiblir, dans la mesure où de nouvelles manifestations ont eu lieu vendredi 13 décembre, alors que d’autres actions sont prévues pour les jours à venir. Des manifestants protestant dans les rues d’Alger, vendredi 13 décembre 2019, contre le nouveau président élu la veille, Abdelmadjid Tebboune.De nombreux observateurs pensaient pourtant que les chances de Tebboune, présenté comme le candidat de l’establishment militaire, étaient minimes après une campagne électorale plombée par les défections dans son staff et par l’arrestation de deux de ses amis et bailleurs de fonds. L’ex-Premier ministre a finalement déjoué les pronostics, battant largement ses quatre rivaux. L’autre surprise de ce scrutin est le score de l’islamiste Abdelkader Bengrina, arrivé en seconde position avec 17,38 % des suffrages. Candidat pour la troisième fois après 2004 et 2014, l’ex-chef du gouvernement Ali Benflis termine quant à lui troisième avec 10,55 % des voix. L’ancien ministre de la Culture Azzedine Mihoubi, également présenté par certains comme un éventuel favori de l’armée, subit une véritable déroute avec seulement 7,26 %. Un fiasco d’autant plus spectaculaire que Mihoubi a obtenu le soutien du Rassemblement national démocratique (RND), ainsi que celui du FLN, les deux partis qui formaient l’ancienne alliance présidentielle. L’échec qui accompagne sa candidature aura des conséquences majeures sur l’avenir politique de ces deux formations. Né à El Bayadh, dans les Hauts Plateaux de l’Ouest, d’une mère paysanne et d’un père militaire, Tebboune commence sa carrière au sein du corps préfectoral dans les années 1970 et 1980, avant de faire son entrée au gouvernement en 1991 comme ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur. Ce passage ne dure que quelques mois. Il se retire ensuite de la vie politique, avant de faire son come-back dès l’élection de Bouteflika, en 1999. Il est alors nommé ministre de la Communication, ministre délégué auprès du ministère de l’Intérieur, puis ministre de l’Habitat. Le zaïm lui confiera les clés du gouvernement en mai 2017, mais l’expérience tourne court. Évincé avec fracas au bout de quatre-vingts jours, il se met en retrait pendant deux ans, avant de faire son retour en septembre dernier pour se porter candidat

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#accroche

Déclaré vainqueur de la présidentielle en Algérie, le septuagénaire Abdelmadjid Tebboune a fait carrière au sein de l’appareil d’État algérien. De nombreux défis l’attendent...

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