une du 21 mai 2012

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Note d’espérances pour mon pays

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A mon amie Francine Alliali qui, comme l’auteur de ces lignes, n’a cessé d’avoir foi en la résurrection de la Côte d’Ivoire. Les exégètes le savent, les créateurs sont, en général, peu à leur propre écoute : un musicien s’avise rarement à s’écouter après diffusion de sa création ; un plasticien, un écrivain, rechignent souvent, l’un comme l’autre, à relire, qui, ses toiles, qui, ses feuillets déjà offerts aux regards du public. Quand il leur arrive de le faire, ils se surprennent, eux-mêmes, à redécouvrir le produit de leur propre imagination.

Il m’est ainsi arrivé, hier, au hasard (motivé) de la recherche d’un thème inspirateur pour ma « Matinale » de ce jour, de ‘‘tomber’’ sur cet extrait de « Côte- d’Ivoire, l’agonie du jardin (1) », écrit en octobre 2005 :
« Non, découragement n’est pas ivoirien. C’est pourquoi nous sommes obligés de continuer d’écrire que rien ne nous est impossible, sauf les dérives entêtées et sans retour ; qu’au contraire, tout est encore possible dans ce pays. La haine peut céder la place à l’amour, les dérives au bon sens, la rancune à la tolérance et au droit à la différence, la guerre à la paix.


« Nous avons les moyens diplomatiques (…) de réaliser cette paix et de nous atteler à la construction hardie de notre pays. Nous avons les moyens moraux et culturels de nous ressouder, car nous ne sommes pas, dans le fond, un peuple suspicieux, méchant et suspect ; et nous avons les ressorts psychologiques pour sortir de cette impasse (…), refuser le chaos et retrouver le sens du rire, au plus fort de la catastrophe ! (…).
« Non, découragement n’est pas ivoirien. Et c’est aussi pourquoi nous sommes obligés de mettre, comme le font les croyants, notre foi dans le triomphe de l’amour sur les vilains sentiments qui ont obscurci nos cœurs et égaré bon nombre d’entre nous.
« Oui, nous sommes obligés de croire à la résurrection de l’homme ivoirien et de cette part de nous-même qui s’est égaré Sur le sentier des rêves maudits (2) et des défis inutiles peu productifs et, pis, nocifs et inutilement destructeurs.
« Et parce que nous nous réclamons de la paix et de la fraternité, la vraie paix et la vraie fraternité, nous sommes tenus de tout mettre en œuvre pour nous réconcilier avec nous-mêmes.


« Et parce que nous sommes des Ivoiriens, nous saurons réhabiliter la grande culture de la sagesse, de l’hospitalité (revue et corrigée) et surtout celle de la paix qui fit notre légende et notre marque distinctive.
« Et parce que nous sommes un peuples bon, que notre combat est juste dans le fond, mais que, seulement, nous l’avons hypothéqué à cause de nos vanités du moment dues à la soif de pouvoir et la félonie qui nous ont animés ; et parce que nous pouvons nous remettre en cause, notre traverserons cette rude adversité qui nous aura surpris sur le chemin de nos malheureuses imprévoyances.
« Et parce que nous sommes des héritiers d’une longue culture de la sagesse, et non des naufragés de l’intelligence (3), et parce qu’enfin, nous sommes des enfants de Félix Houphouët-Boigny, nous saurons retrouver le chemin qui mène à la sortie du tunnel, afin de respirer l’air de l’entente, l’air du refus ferme de la guerre et tous ces déchirements qui signent la condamnation de ce continent à la pauvreté qui humilie mais jamais ne libère si ce n’est pour vous offrir à d’autres maîtres plus voraces, plus gloutons et, certainement moins paternalistes que les prédécesseurs : il n’y a aucune liberté ni aucune dignité dans la misère ! Ne n’oublions jamais.
« Produisons donc, retrouvons la culture du rendement dans le travail : aucun peuple travailleur et productif ne peut être dominé — les Asiatiques nous l’ont prouvé ; et nous aurions assurément tort de ne pas suivre leur exemple.
« Non, découragement n’est pas ivoirien. La nuit, notre nuit, cette longue nuit de nos égarements et de nos errances absurdes finira, pour laisser sa chance à une nouvelle ère.
« J’ai grande foi que ce moment arrivera un jour, afin que le soleil se lève à nouveau à l’est du jardin de nos espoirs blessés. J’ai foi que la bête en nous qui s’était réveillée, s’en ira repaître à nouveau d’un sommeil séculaire, volontaire et profond, parce que nous l’aurons contrainte à ce sommeil.
« Alors, seulement alors, retentiront réellement sur l’ensemble de notre territoire réunifié, le son clair des belles harmonies, ainsi que ces paroles superbes et intelligentes de notre hymne national : Salut ô Terre d’espérance/ Pays de l’hospitalité/ Tes légions emplies de vaillance/ Ont relevé ta dignité/ Tes fils, chère Côte d’Ivoire/ Fiers artisans de ta grandeur/ Tous rassemblés et pour ta gloire/ Te bâtiront dans le bonheur/.
Fiers ivoiriens, le pays nous appelle/ Si nous avons dans la paix, ramené la liberté/ Notre devoir sera d’être un modèle/ De l’espérance promise à l’humanité/ En forgeant, unis dans la foi nouvelle/ La patrie de la vraie fraternité ».


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(1). Côte d’Ivoire, l’agonie du jardin, Abidjan 2006, Néei-Ceda. Un essai de Tiburce Koffi. P. 367-369.
(2) Sur le sentier des rêves maudits. Un roman de FOua Ernest de St Sauveur
(3). Les naufragés de l’intelligence. Roman publié à titre posthume de Jean-Marie Adiaffi. Néi-Ceda, 2000.

Note d’espérances pour mon pays

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