| Espace public de débat: LES "GRINS" DANS L'ARENE POLITIQUE |
| • 21.12.09 10h40 ι Mis à jour le 21.12.09 10h35 |
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Au-delà des idées préconçues, ce sont des lieux d’éveil pour des personnes pour qui la "guérison des maux" du pays réside, avant tout, dans la réflexion. Incursion dans quelques "grins", à Abobo, Adjamé, Koumassi, Yopougon, Cocody, Anyama... en Côte d'Ivoire. «N’êtes-vous pas au courant ? A peine Alassane Ouattara a déposé sa candidature que la Commission électorale indépendante (Cei) a pris feu. J’espère que ce ne sont pas les originaux de ses papiers qu’il a déposés», plaisante un sympathisant du sergent-chef Ibrahim Coulibaly dit IB, se proclamant le vrai père de la rébellion aux premières heures de la crise militaro-politique. « D’où tenez-vous une telle information ? Ce n’est pas sérieux. Dans tous les cas, on verra qui rejettera sa candidature», rétorque un militant du Rassemblement des Républicains (RDR). Avant de poursuivre : « Votre putchiste d’IB ne rentrera pas de si tôt en Côte d’Ivoire. Lui qui choisit toujours Noël, comme un enfant, pour refaire surface. Nous allons boucler le pays. Qu’il aille se faire voir ailleurs ». Au proche d’IB de réagir: « C’est par la force des armes que votre mentor est candidat aujourd’hui. Soyez reconnaissant envers IB ». « Qu’est-ce qu’il raconte celui-là ?», s’étonne un autre membre du grin. « Après le dépôt de la candidature de Ouattara, j’ai joint par téléphone le ministre Tagro pour lui demander pourquoi laisse-t-on ADO se présenter ? Il m’a dit ceci : voulez-vous qu’on brûle le pays ? », lance un autre. Entre plaisanteries et réalités, les intervenants touchent très souvent à des sujets sensibles et délicats de la vie sociopolitique de la Côte d’Ivoire. Et si le ton reste courtois, le climat est souvent orageux. Dans les "grins", il s'agit surtout de s'ouvrir aux autres pour briser les méfiances. "Marcoussis", "Forum", "Lomé", "Accra I et II", "Pretoria" et "Ouaga" sont quelques noms des "grins". Imaginatif, ces noms rappellent toutes les étapes franchies dans la crise ivoirienne pour aboutir au "dialogue direct". Nous sommes à Adjamé, à proximité d’Edipresse, sous un hangar. C’est le "grin" baptisé "forum" dirigé par Dembélé Vazoumana dit recteur. Très fréquenté à partir de 16 heures et jusqu’à minuit, selon l’importance du sujet d’actualité à débattre. Dans ce "grin", nous apercevons sur une table qu’entourent des chaises des quotidiens de la place : Fraternité Matin, Notre Voie, Le Patriote, Le nouveau réveil, L’expression, Le Temps, l’Intelligent d’Abidjan, etc. Diaby, un membre assidu du "grin", refuse de feuilleter ne serait-ce que le journal Le Temps qui avait placardé à sa "Une" le président du RDR, ADO avec un titre qui frôle la diffamation. Quand Dembélé Bazoumana, président du Rassemblement national des "grins", essaie de lui faire comprendre qu’il a intérêt à parcourir ce journal pour se faire une opinion, il recevra une fin de non-recevoir. Pour lui, le Patriote, Nord Sud quotidien et l’Expression sont largement suffisants. Malgré l’insistance du "recteur" des lieux pour le persuader, rien n’y fit. Commune de Cocody et précisément aux 2 Plateaux Vallons, sous un arbre devant une superbe villa, des amis s'activent autour d'une théière. C'est un "grin" informel qui n'a rien à avoir avec le "rassemblement national des grins de Côte d'Ivoire", nous prévient Adamo, calligraphe. Les échanges tournent autour de l'élection présidentielle qui aurait due se derouler le 29 novembre. Parmi les membres du "grin" en question, l'on dénombre des hauts cadres, des responsables de société, des ouvriers, des étudiants, des employés d'institution internationale et de la Commission électorale indépendante. CHEICKNA D. Salif Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. |