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Du journalisme en ligne, on en parle abondamment ces derniers temps. Surtout aujourd'hui où "Journalistes citoyens" et autres animateurs de blogs ou réseaux sociaux s’aventurent sur le terrain de l’information; sous le manteau de la liberté d’expression, si ce n’est pas de la "démocratie d’opinion". Avec souvent de gros risques de véhiculer de fausses informations.
Pour l’heure, en dehors de la malheureuse "Affaire trois morts dans la mutinerie de la MACA" (Maison d’arrêt de correction d’Abidjan), pour laquelle un journaliste web de la place avait été mis aux arrêts pour "diffusion de fausses nouvelles" en décembre 2006, la Côte d’Ivoire n’a pas encore enregistré de dérapage.
Il faut espérer qu’il en soit ainsi tout au long de la période extrêmement sensible, en cette période de sortie de crise militaro-politique. En la matière, toutes les initiatives visant à mettre les journalistes ivoiriens à l’abri d’éventuels ennuis sont les bienvenues. Ainsi, convient-il de prendre la visioconférence organisée récemment par l’ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire sur le thème: "Le journalisme en ligne : éthique et crédibilité".
De cette téléconférence, les participants sont repartis instruits des précieux conseils dispensés par Jean-Louis Chainon, consultant américain en média et spécialiste du journalisme en ligne sur l’authenticité et la crédibilité de l'information en ligne, instruits de ce qu’il n’y a pas de différence entre la presse en ligne et le journal papier en matière de vérification de l'information à publier, de responsabilité et d’éthique. Mais, ils ont retenu l’absence de cadre institutionnel pour réguler la presse en ligne en Côte d’Ivoire ; et cela du fait du caractère évolutif du nouveau média qu’est Internet.
Toutefois, face au fléau de la cybercriminalité qui menace tout le corps social (agression des valeurs morales) et le tissu économique ivoirien (la Côte d'ivoire fait partie des pays de la liste rouge où le paiement en ligne n'est plus possible), l’argument de la difficile maîtrise de ce nouveau média ne saurait prospérer, et ne saurait justifier le silence de la législation ivoirienne sur les insuffisances en matière de Technique de l’Information et de la Communication (TIC) en général et en particulier par rapport aux délits de presse sur Internet.
A quelque chose malheur est bon, pourrait-on dire. Il y a fort à parier que, dès que la situation sociopolitique le permettra, le législateur mettra tout en œuvre pour débarrasser la Côte d’Ivoire de cette étiquette gênante de pays à risque qui colle à l'identité ivoirienne à travers le net. Pour sa part, l'État a déjà prévu une batterie de mesures au nombre desquelles la nécessité d'opposer à la cyber-criminalité, la cybersécurité. C'est-à-dire, tous les outils juridiques, techniques et administratifs susceptibles d'aider à endiguer tous les délits commis par le biais de l'Internet. Pour le bonheur des éditeurs de presse en général, et des éditeurs en ligne. Qui, peuvent enfin contrecarrer les agrégateurs de contenu; qui se livrent au pillage de contenu produit par les éditeurs de journaux et autres éditeurs en ligne.
Tanoh Benoît
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