Odette Kouamé N’Guessan : Une mort soudaine

mardi, 09 avril 2013 23:01
Dernière image d’une femme qui était pleine de vie. C’était, samedi dernier, au Palais de la culture, à l’occasion de la Journée des femmes du secteur de l’éducation. Dernière image d’une femme qui était pleine de vie. C’était, samedi dernier, au Palais de la culture, à l’occasion de la Journée des femmes du secteur de l’éducation. Crédits: Sylla Yacouba
[09/04/2013. 23h05]L’ex-ministre de l’Enseignement primaire et préscolaire,   s’est éteinte lundi.

Ses proches, encore sous le choc, saluent le parcours d’une femme  exceptionnelle. Et pourtant, on l’a vue, le Samedi 6 avril dernier,  recevant  sa distinction.  C’était à l’occasion de la Journée nationale des  femmes de l’Education nationale dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la Femme. Cette manifestation s’inscrivait dans le prolongement de la Journée  de l’excellence et du mérite organisée par le ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement technique. Cette image restera celle de la dernière apparition publique  d’ Odette  Kouamé N’Guessan. L’ex-ministre de l’Enseignement primaire et préscolaire  qui a été longuement ovationnée ce jour,  est décédée, lundi.  Après ce jour de gloire, elle s’en est allée sur la pointe des pieds. « Elle s’est sentie mal suite à une baisse de tension. On l’a conduite à l’hôpital. Trois heures après, elle s’est éteinte », relate une de ses proches, la gorge nouée par la douleur. Hier, à son  domicile, pleurs et émotions. Pour beaucoup, la douleur est encore trop vive pour pouvoir témoigner. « Je ne peux pas parler d’elle au passé. Quand on finissait la messe, elle venait toujours me serrer dans ses bras », sanglote une de ses amies. « C’était une femme leader qui avait le sens de la concertation », nous explique un membre de la famille entre des pleurs difficilement contenus. « Pour elle, la dignité était une valeur cardinale. Elle avait le sens de la parole donnée »,  ajoute-t-il. « Elle part après une vie familiale, religieuse, politique et associative bien remplie», relève un autre membre en guise de consolation.

Née le 12 octobre 1939 à Daloa, la ministre Odette Kouamé N’Guessan était la fille  d’un des sept fondateurs du Rda.  Son père Kouamé N’Guessan était instituteur. Certainement influencée par  ce dernier, elle s’oriente vers l’enseignement.  Institutrice, puis directrice d’école, elle va exercer,  par la suite, de hautes fonctions dans l’administration ivoirienne.  En juillet 1986, à la suite d’un remaniement ministériel, le Président  Félix Houphouët-Boigny décide de scinder en quatre le ministère de l’Education nationale qui, sous l’autorité de Balla Kéita, regroupait tous les niveaux d’enseignement.  Odette Kouamé N’Guessan  qui était alors directrice de l’enseignement primaire, est nommée   ministre de l’Enseignement   primaire et préscolaire. Une fonction qu’elle occupera de 1986 à 1990.  A sa sortie du gouvernement, Odette Kouamé N’Guessan se consacre à d’autres activités dans la plus grande discrétion. « Elle n’a plus voulu de poste. Elle a choisi de s’impliquer dans le développement de sa région »,  se souvient une de ses trois filles. Cette dernière, se rappelle avec beaucoup de fierté comment sa mère s’était impliquée pour aider sa région au plus fort de la crise en 2002. 

C’est avec beaucoup de bonheur, que de nombreux Ivoiriens ont retrouvé cette grande dame parmi les membres de la Commission, dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr). Elle y représentait la région du Centre dont elle était  originaire.

Sethou Banhoro

 

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