une du 16 mai 2012

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Burida : LA BALLE DÉSORMAIS DANS LE CAMP DU NOUVEAU COMITÉ DE GESTION

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Le nouveau comité de gestion du Bureau ivoirien des droits d’auteurs (Burida) a été officiellement installé, en début de semaine, par le ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman. Cette procédure s’inscrit dans le prolongement de la mise en congé du Conseil d’administration, le 2 février dernier. De nombreux défis attendent d’être relevés par les dix-sept membres qui composent ce comité provisoire présidé par le comédien et metteur en scène,  Léonard Groguhet.

Au cours de cette mission qui durera entre six et douze mois maximum, le comité de gestion, de réforme et de restructuration du Burida a désormais à charge de mener à bien plusieurs chantiers. Ainsi, il s’agit premièrement de faire le toilettage des textes juridiques régissant l'institution et sa mise en conformité avec la réglementation internationale. D’un autre côté, il sera question de procéder à l’assainissement de la gestion administrative et financière, maintes fois décriée. En outre, la question de la perception et la répartition des droits d’auteur fera l’objet d’une attention particulière, puisqu’elle constitue l’épine dorsale de la structure dédiée aux artistes ivoiriens. Les statuts et un règlement intérieur seront également rédigés pour le compte du Burida tout comme une charte éthique et de déontologie des membres.

Aux côtés de Léonard Groguhet, Alpha Blondy, Tiken Jah, A’Salfo, Meiway, Ken Adamo (président de l’Union nationale des artistes de Côte d’Ivoire, Unartci), David Tayorault, Alain Demari (artistes musiciens) ; James Houra (artiste peintre, Inspecteur général de la culture) ; Fadika Kramo Lanciné (cinéaste) ; Marie-Louise Asseu, Guédéba Martin (artistes comédiens, metteurs en scène) ; Anna Ballo (réalisatrice en audiovisuel) ; Josué Guébo (écrivain, président de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire, Aeci) ; Pr Bohoussou Denis (juriste, expert en propriété intellectuelle), Abissa Hervé (juriste), Paul Niamkey (expert-comptable), complètent le tableau du Comité. Lequel, aux yeux du ministre, est « représentatif et crédible ». Il en veut pour preuve, entre autres raisons, le fait que « c’est à Alpha Blondy, Tiken Jah, A’ Salfo, Meiway… que le Burida doit le plus d’argent. Si c’était une société d’actionnaires, ce seraient eux les propriétaires». S’il est avéré que les administrateurs et autres délégués du Burida n’ont pas voulu commenter les décisions du ministre, le producteur de phonogrammes, Séry Sylvain, s’est, pour sa part offusqué du fait que sa corporation, « mamelle de l’industrie culturelle ivoirienne et vache laitière du Burida,  ne soit pas présente au sein du Comité ».

Par la mise en place de ce comité, le ministère de la Culture et de la Francophonie exprime ainsi la volonté du gouvernement de prendre des mesures draconiennes à l’instar des réformes entreprises dans la filière café-cacao, mamelle de l’économie nationale et dans le secteur éducation/formation en fermant les universités. Pour ce faire, Maurice Bandama a décidé de mettre définitivement fin aux dysfonctionnements récurrents qui minent depuis longtemps le Bureau ivoirien des droits d’auteurs (Burida) : des querelles intestines, des problèmes de mis-management criants voire un bicéphalisme latent.

Pour rappel, l’Assemblée générale extraordinaire du Burida convoquée et tenue le 28 janvier dernier, n’a pu connaître une issue heureuse. Ajouté à cela, les conclusions de la mission de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) et le rapport d’audit diligenté par le ministre de la Culture et de la Francophonie, ont conduit à mettre fin au mandat des membres du Conseil d’administration; et à créer le Comité de gestion par arrêté. Ce dernier prend en compte l’article 67 du décret de 2008 portant réforme de la maison des artistes et relatif au dysfonctionnement de ses organes incitant la tutelle à prendre des mesures conservatoires pour sa préservation.
Mais le ministre rassure les artistes tout en faisant le mea culpa de l’État ivoirien. «Nous n’accusons pas, pour autant, les artistes, car nous n’avons pas mis en œuvre les réformes de la réglementation culturelle aux plans législatif et institutionnel, regrette-t-il. La faute revient à l’État, faute d’encadrement et de formation des artistes avant de leur céder la structure de gestion des droits d’auteurs et des droits voisins, conformément à la réglementation internationale».

Ghislaine ATTA
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