une du 16 mai 2012

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Diasporas : Michel Bayala, un battant au pays de l’Oncle Sam

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L’Etat d’Iowa est à quelques quatre heures de vol à partir de New York et s’enorgueillit de ses 3 002 555 d’habitants. C’est dans cet Etat, plus précisément à Sioux City que vit Michael Bayala.

 

Le vendredi 15 décembre 2011, le soleil s’est levé comme à l’accoutumée, le froid d’automne en cette période de l’année, annonciateur du début de l’hiver, obligeant ainsi les uns et les autres à s’emmitoufler dans des manteaux et autres blousons, étaient au rendez- vous. Un jour donc ordinaire à Iowa mais pourtant particulier. Et pour cause, cette journée a été une opportunité pour Monsieur Bayala vivant aux Etats - Unis d’Amérique depuis dix sept ans de procéder à la coupure symbolique du ruban marquant ainsi le lancement officiel de ses activités dans les domaines de l’immigration, du service d’impôt et de la traduction.

Investi du pouvoir à lui légué par l’Etat, Michel Bayala travaille en étroite collaboration avec les services d’impôt (IRS) en aidant les travailleurs dans la préparation de leur revenu annuel ; il aide les immigrés de tout bord à obtenir légalement les documents (les précieux papiers) pour ce qui est du domaine de l’immigration. A ce titre c’est 540 personnes qui ont bénéficié des services de Monsieur Bayala en moins d’une année.

Au niveau de la traduction, le français, l’anglais et l’espagnole sont traduits aisément. Au total une dizaine de personnes travaille pour le compte de Michel Bayala qui se distingue aussi dans les œuvres de charité. L’année dernière à l’occasion de la fête de Thanksgiving, 1000 repas ont été distribués aux anciens combattants de la ville. Cette année également c’est au total 500 enfants en difficultés et 500 anciens combattants qui ont bénéficié de sa générosité.

C’est un parcours de combattant, un exploit que Monsieur Bayala a pu réaliser pour qui connait les conditions des plus difficiles pour se faire une place au soleil aux USA. Monsieur Bayala, citoyen américain depuis plus de douze ans, est membre de la Chambre de Commerce de la ville de Sioux City. C’est historique, dit- on du coté d’Iowa. Car Bayala serait le premier noir (Noirs tout confondu) à siéger dans cette instance depuis sa création. A l’occasion, des représentants de la dite chambre tous habillés en vert étaient venus exprimer leur encouragement et leur soutien à leur collègue.

Si à Iowa, dans la ville de Sioux City, Bayala est presque le seul Burkinabè (ils ne sont que deux familles burkinabè seulement), le 15 décembre dernier une famille burkinabè était à ses cotés. En effet une quarantaine de Burkinabé venus essentiellement de l’Etat voisin de Nebraska à quelques 135 km d’Iowa, ont bravé le froid et ont consacré un peu de leur temps pour aller le soutenir dans ses initiatives. Sur un ton humoristique Monsieur Bayala dira que même « Washington n’a jamais réuni autant de Burkinabè ». Les larmes aux yeux, la voix teintée d’émotion, il saisira l’opportunité pour prodiguer des conseils à ses petits “frères.” « Soyez unis, leur a-t-il dit, épaulez vous, vous pouvez avoir des opinions différentes mais que cela ne soit un sujet à vous diviser ». Et d’ajouter, « c’est d’ailleurs dans la contradiction qu’on arrive à construire ». Aussi les a- t- il invités au travail. « Travaillez dur, saisissez toutes les opportunités que l’Amérique vous offre ».

Pour Monsieur Bayala, « trois handicaps majeurs se dressent devant vous une fois que vous foulez le sol américain. Il y a d’abord la langue qui constitue une barrière de communication et d’intégration. Il y a ensuite la couleur de la peau (on est Noir et on vient gonfler le nombre de Noirs déjà sur place avec leur lot quotidien de problèmes). Et enfin le pays d’origine (on vient de pays sous - développés et tout ce qu’on a acquis là - bas est sous - estimé ici) ». C’est pourquoi il a invité les uns et les autres à retrouver le chemin de l’école, le seul moyen pour mieux s’adapter. Une idée qui va en contradiction avec la philosophie de beaucoup d’immigrés africains qui pensent que l’Amérique, c’est d’abord le dollar et le reste après. Un dollar qu’on poursuit sans cesse et qu’on n’arrive pas à rattraper.

C’est dans une ambiance bon enfant que la fête s’est terminée. « Mes portes restent grandement ouvertes ; si quelqu’un d’entre vous a un problème quelconque, n’hésitez pas à me contacter », a conclu Michel Bayala.

Barnabé Bazona Bado,
Lefaso.net
Correspondant àNew York

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