une du 16 mai 2012

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Pr Sess Daniel, président du CRESAC: BEAUCOUP À PROPOSER EN MATIÈRE DE MANAGEMENT DE LA QUALITÉ

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Créé en 2005, le Centre régional d’évaluation en éducation, environnement, santé et accréditation en Afrique (CRESAC) se veut un outil d’intégration sous-régionale ayant pour leitmotiv la qualité. Son président, l’Ivoirien Sess Daniel, nous fait découvrir davantage cet instrument, ses acquis et les promesses qu’il a en perspective.

2005-2012, sept ans déjà que le CRESAC a vu le jour. Peut-on mesurer le chemin parcouru ?

Le CRESAC a beaucoup de choses, dont la formation des acteurs. Nous avons formé des professionnels en matière de management de la qualité, en matière de démarche qualité, en matière d’évaluation et matière d’agrégation, pour chaque Etat membre. Le CRESAC, rappelons-le, est un outil d’intégration sous-régionale. Les Etats membres ont donc bénéficié de la formation d’experts. Par ailleurs, nous avons été sollicités, au niveau du CAMES, pour former des formateurs en matière d’assurance qualité. Nous avons participé aussi à des formations en matière de VIH/sida. Pour les laboratoires, c’est très important de former les hommes de laboratoire à la qualité. Nous avons fait des caravanes qualité et formé des gens qualité pour certaines régions comme celle du Fromager et celle des Lacs, de sorte que les zones sanitaires puissent prendre le relais. Et j’en passe.

Etes-vous satisfait de ce qui a été déjà fait ? Les objectifs que vous vous êtes assignés relativement aux objectifs du millénaire pour le développement au chapitre de la réduction de la pauvreté sont-ils susceptibles d’être atteints, à trois ans aujourd’hui de l’échéance ?

Tout le monde parle des OMD et la pauvreté est un des éléments. Il faut arriver à la réduire. Or, si le CRESAC amène à avoir des laboratoires et des services de santé performants pour recevoir, accueillir et soigner, permet aux établissements d’enseignement supérieur de bien former la crème et qu’au niveau des lycées aussi, les gens sont bien formés, c’est le développement qui est assuré. Si les gens ont la connaissance et qu’ils sont en bonne santé, ils peuvent se consacrer au développement de leurs Etats. Et cela peut réduire la pauvreté. Le CRESAC, selon sa vocation, est un outil pour aller vers les Objectifs du millénaire pour le développement, contribuer à la réduction de la pauvreté. Nous estimons que nos populations doivent être bien soignées, bien formées et bien instruites. La formation, l’éducation et la santé sont les facteurs clefs de la réduction de la pauvreté.

L’évocation du CRESAC renvoie généralement à la santé alors que vous êtes appelé à évoluer aussi dans l’environnement et l’éducation. Pourquoi ce confinement au secteur de la santé ?

Effectivement, nous avons mis l’accent sur la santé au départ. Maintenant, nous allons vers l’éducation à travers le CAMES. Après, nous nous attaquerons à l’environnement. Tout a été planifié. 2012 sera l’année de l’éducation au niveau du CRESAC.

A la création du CRESAC, il y avait cinq pays (Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Sénégal). Combien sont-ils aujourd’hui ? Y a-t-il eu de nouvelles adhésions ?

Dès 2007, il y a eu des volontés d’adhésion, mais nous avons voulu nous donner le temps de bien maîtriser les choses d’abord. Cette année, les nouvelles adhésions pourront être acceptées. Nous commencerons par le Burkina Faso où nous serons entre le 20 et le 28 février pour installer des unités CRESAC. Nous irons ensuite au Mali, puis au Togo et du côté de l’Afrique centrale, au Congo notamment. Le Tchad, la Centrafrique sont également intéressés. Mais il n’y a pas que les francophones qui sont intéressés par cet outil d’intégration africaine, il y a aussi les anglophones.

Beaucoup a été fait donc, mais beaucoup reste encore à faire. Le CRESAC a-t-il les moyens de ses ambitions ?

Les moyens, c’est d’abord les hommes. Sur ce plan il faut d’abord tirer le chapeau à nos autorités. Le gouvernement ivoirien a pris le projet à bras le corps. Nos ministres, souvent, en font la promotion lors de leurs voyages à l’étranger. Les Etats-Unis nous aident, notamment le CDC PEPFAR dans le cadre du VIH/sida. En 2011, le CDC nous a aidés pour 107 millions de francs CFA, pour renforcer les capacités du CRESAC, dans le cadre du COP 2009. D’autres aides sont prévues dans le cadre des COP 2010, 2011 et 2012. Nous sommes en train d’analyser par quel mécanisme nous pouvons signer un accord d’accord direct de sorte que l’argent ne transite pas par un ministère, mais vienne directement dans les caisses du CRESAC.

En dehors du PEPFAR, des Etats africains soutiennent le CRESAC, car tout le monde se rend compte que c’est l’un des rares outils en matière de management qui existe.

Les Etats membres sont-ils à jour de leurs cotisations ?

Pour l’instant, non ! Mais la volonté existe. Certains pays nous font des appels de pied pour verser leurs cotisations. Nous irons vers eux, incessamment.

La gestion des déchets médicaux est une grande préoccupation en matière de santé. Le CRESAC a-t-il imaginé des solutions à proposer aux gouvernants ?

Nous avons mis en place un référentiel qui est le référentiel des déchets médicaux et sanitaires. Au niveau de la Côte d’Ivoire, nous avons eu une rencontre avec els directeurs des CHU. Ensuite, nous avons invité les différents ordres des professionnels du secteur (médecins, pharmaciens, odontologistes…) pour leur montrer le bien-fondé de faire une bonne gestion des déchets médicaux et sanitaires. La meilleure façon de gérer, actuellement, dans le monde entier, ce n’est pas l’incinération, c’est la banalisation. C’est une autre technique qui consiste, une fois qu’on a les déchets, à les broyer et transformer séance tenante. Ça devient de la poudre, de la cendre, donc il n’y a plus rien à craindre. En même temps, les microbes sont détruits. C’est vers la banalisation des déchets médicaux que tout le monde s’oriente maintenant.

La technique de l’enfouissement a été longuement envisagée en Côte d’Ivoire pour les ordures ménagères. Elle est toujours intéressante si l’on veut avoir des engrais. Mais pour les déchets médicaux et sanitaires, la banalisation est la meilleure solution. Les produits toxiques, les microbes sont instantanément détruits.

Cette solution est-elle à la portée des pays africains ?

L’appareil coûte 300 millions de francs CFA. Une structure privée ivoirienne s’intéresse à la chose. A notre niveau, nous avons mené la réflexion et nous avons fait une proposition au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Les moyens existent. Une délégation française spécialisée dans le domaine sera à janvier dans le courant de ce mois de janvier 2012 pour rencontrer le ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida, celui de l’Environnement et même celui de l’Intérieur pour lever les quelques inquiétudes relatives à la situation sécuritaire en Côte d’Ivoire. Nous serons avec cette délégation pour démontrer qu’il faut aller vers la banalisation des déchets médicaux et sanitaires. Des Ivoiriens se sont mis en groupe, ont constitué une entreprise pour s’en occuper. Je suis sûr que dans les mois qui viennent, la Côte d’Ivoire ne va plus souffrir des déchets médicaux.

Une rencontre du CRESAC est annoncée à Abidjan en juillet prochain. De quoi sera-t-il question ?

Il s’agit d’une conférence régionale panafricaine en zone francophone qui va porter sur l’amélioration des laboratoires de médecine (laboratoires de facultés de médecine, laboratoires de santé). L’union africaine et l’association panafricaine créée à Addis-Abeba en mars 2011 viendront avec d’autres partenaires (des Américains, des Français, des Asiatiques…) pour organiser cette conférence francophone qui vise à sensibiliser les autorités de ces pays francophones qui viendront ici à s’engager dans la qualité et d’aider ces laboratoires et même créer au sein des ministères en charge de la santé une direction des laboratoires qui n’a rien à voir avec les directions qu’on a vues jusqu’à présent. Le Burkina Faso est le seul pays en Afrique de l’ouest à avoir créé une direction des laboratoires au sein du ministère de la Santé.

Il s’agira donc de sensibiliser les autorités, de leur demander de mettre en place un certain nombre d’organes de sorte à booster la qualité en matière de développement des soins.

Le CRESAC va s’offrir un autre siège, à Yamoussoukro la capitale politique ivoirienne. Qu’est-ce qui justifie ce choix ?

D’abord parce que c’est la capitale administrative. Ensuite, il fallait aller vers une zone qui nous offre beaucoup plus d’espace que nous n’en avons à Abidjan. Le préfet de Yamoussoukro s’est montré proactif. Il nous a offert un espace de 10 hectares. Nous avons saisi l’offre au bond.

Quand est-ce que le transfert se fera-t-il ?

Il nous faut d’abord trouver les moyens de construire ce siège. Nous attendons que, par votre truchement notamment, les bonnes volontés se manifestent.

Interview réalisée par

Elvis KODJO

Pr Sess Daniel, président du CRESAC: BEAUCOUP À PROPOSER EN MATIÈRE DE MANAGEMENT DE LA QUALITÉ

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