une du 16 mai 2012

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QUELQUE CHOSE À SE METTRE SOUS LA DENT

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Tanoh BenoîtTanoh BenoîtPour les professionnels ivoiriens exerçant dans le journalisme web, c’était manifestement la diète noire au cours de la semaine écoulée. Sur le bout de "Toile" tissée à partir de la Côte d’Ivoire, rien pour interpeller ceux qui se sont engagés à œuvrer pour un statut de la presse en ligne. Avec la "Première Journée de la presse en ligne" annoncée pour le 22 octobre prochain à Paris, ils auront certainement quelque chose à se mettre sous la dent. Quelque chose de bien consistant, qui pourrait nourrir la réflexion, guider les actions en vue de la reconnaissance de la presse en ligne en Côte d’Ivoire.

Le fait est qu’aujourd'hui, l’on constate une floraison de journaux en ligne sur le réseau Internet ivoirien. Une "entrée par effraction" dans un secteur caractérisé jusque là par un vide juridique et réglementaire; mais qui répond, certainement, à un besoin nouveau de consommation d’œuvre de presse :"l’information en temps réel et en continu"; qui n’est rien d’autre que l’actualité collectée, sélectionnée, décryptée, analysée, traitée et mise en forme par une équipe rédactionnelle; avant d’être offerte, instantanément, via la "Toile", ou tout autre support relevant des Technologies de l’information et de la communication (Tic). De quoi donner des idées à tous ceux qui, sous nos cieux, se sentent une âme de promoteur, d’éditeur en ligne. Au point de susciter quelque méfiance.

C’est que, dans le paysage de la presse ivoirienne, pourtant familiarisé à l’"Utilisation des NTIC par les journalistes : rôle et importance" depuis l’année 2004 au moins, la presse en ligne a encore du mal à se frayer un chemin. Tout simplement parce qu’ici plus qu’ailleurs, «… beaucoup de professionnels considèrent le journalisme comme un tremplin politique, comme une étape vers d’autres aventures, mais rarement comme un métier», écrivait Diégou Bailly, une ne référence dans le monde de la presse ivoirienne. On pourrait ajouter que, chez nous, l’exercice de ce métier relève plus de la reconnaissance sociale que de la vocation.

Comment dans ces conditions, ne pas réfléchir sur quelques questions essentielles, dont la non prise en compte, pourrait compromettre le développement le développement d’un secteur d’activité perçu comme alternative à la lutte contre l'érosion de la manne publicitaire au niveau du journal papier, érosion qui est elle-même, consécutive à la baisse du lectorat ?  Comment ne pas réfléchir aux conditions de la création d’un environnement favorisant la conquête de parts de marchés publicitaires, un mot d'ordre qui résume les enjeux économiques de la révolution de l'information pour la presse en ligne ? Des préoccupations essentielles donc, qui méritent réponse. Question de donner des armes en vue des actions de promotion, de réorientation du développement de la presse en ligne.

D'ici là, pour ce qui est de la France, de nombreux professionnels et experts du secteur attendus le 22 octobre feront le point sur les débats et les innovations liés à la presse en ligne, indique le site www.terra-economica.info. Qui, donnant un aperçu du programme de cette journée mentionne des sujets d’intérêt tels que : "Les enjeux professionnels de la presse en ligne : quelles grandes évolutions peut-on prévoir à cinq ans ?", "Premier bilan de la mise en œuvre du statut de service de presse en ligne et du fonds d'aide au secteur",…"Les dernières évolutions de la mesure d'audience", "L'application du mécénat à la presse en ligne, "Comment se former au journalisme en ligne? », "Les nouveaux modes de commercialisation de la presse professionnelle", "Les enjeux politiques : quel rôle jouera la presse en ligne dans la campagne électorale de 2012 ?". Ce sont là des chantiers aussi importants les uns que les autres, qui montrent bien que, même dans l’Hexagone, la bataille pour la reconnaissance d’un statut pour la presse en ligne n’est pas encore gagnée. A plus forte raison sous nos tropiques où, avec la faiblesse de la culture Internet, où l’on a encore du mal à se mettre d’accord sur la bonne pratique du journalisme web.


TANOH Benoît

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